Samedi 27 juin 2009 6 27 /06 /Juin /2009 04:26

 

Jojo, c'est mon chat. Deux mois. Noir. Gueule de gagneur. Gégé, c'est mon secrétaire général de l'Elysée. Claude Géant. Z'ont juste glissé un U entre le G et le Hé pour distinguer le torchon de la serviette. Ca fait Guéant, donc. Donc, mercredi, sur les coups de 20h15, je suis affalé sur mon sofa. D'un côté, mon soda, un machin tiré sur les côteaux d'Aix. De l'autre, Jojo. Qui fait les présentations : à ma main pleine de doigts sa machoire pleine de dents. 20h20, Jojo me lâche le doigt droit. Il sursaute. Remaniement ministériel à la télé. Jojo ouvre un oeil, puis deux. Fixe l'écran. Gégé prend le micro. Ca commence mal : Hortefeuer à l'intérieur. Jojo se recroqueville (normal, il est noir), puis écarquille le troisième zieu (qu'il venait d'inventer sur le champ, pas con Jojo). Il pose la patte droite sur la gauche (on aurait dit Mitterrand à la 17ème question d'Elkabach sur Bousquet). Chatel à l'Education, qu'annonce Gégé. Rien à foutre, Jojo, il a déjà son bac, juste à côté de l'écuelle de lait pour les chiasses imprévenantes. Gégé, à nouveau, au micro : Escrosi à l'industrie. Rien à foutre, Jojo, il sèche le turbin, un Rémiste précoce mon Jojo, il sirotte le wiskas-glisse à l'oeil, sans rien faire de ses dix griffes.

Puis les deux pattes avant se sont mélangées, annonçant la position du Yoguiste (on aurait dit Sarko aux obsèques de Bongo). Puis Jojo a posé la tête sur le plaid, désapointé. Gégé a bien tenté de le ranimer : Rama aux droits de l'homme musclé, Dati qui prend la porte, Laporte garde d'Esso, rien n'y a fait, il partait Jojo. Dans ses cauchemars. Ses ronronnements commençaient à m'endormir (on aurait dit Giscard et Danielle Gilbert en rut). Et puis Jojo a tenté le dernier sursaut, le truc de ouf, debout, affrontant l'adversaire, l'adversité, l'adverbe, l'adjectif et tout ce qui perlait à l'écran, magnifique, héroïque Jojo, les crocs en l'air (on aurait dit Tintibéri chez les Picassiètes). Gégé a tout gaché, crétin. MAM maintenue, qu'il a finalement craché dans le micro. A la justice. On aurait dit Pétain à la BBC. Jojo a pissé sur le plaid, l'enfoiré.

HV

Par vianney huguenot / julien cuny
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