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Mourir sert donc à ça. Faire le cake, la nique aux détracteurs, un bras d'honneur à ceux qui vous détestent et, en ce jour de bière arrivé, se résignent à la fermer. La tendance étant
au recueillement et à la surenchère, ces gens là finissent même par croire (et même le dire et l’écrire) que le défunt en question est peut-être bien l’être qui dépeuple subitement leur chouette
petite vie de misère.
Je me suis couché samedi tard et très noir. Bashung mort. Mais j'ai attendu le lendemain, la lecture du JDD, pour pleurer. Car ce n'était pas Bashung qui avait mis les voiles, c'était « l'artiste le plus créatif de la chanson française » qui était mort, « entouré des siens ». Parti, « le dernier des géants » (dixit Les Inrocks). Souchon et Lavilliers se font du mouron. Pas de panique les gars, les superlatifs, ça se recycle.
La nécrologie est un art, dont ne bénéficient pas que les stars. Le lambda qui fait ses valises a droit aussi à la compassion respectueuse du chef de gare. Même le grognard de base se voit offrir, par une plume localière, un lifting de réputation chaud sur le gaz. En général, le macchabé était «très apprécié de ses voisins».
Bashung était l'un des derniers géants, il n’y a pas de doute. Et il avait pour voisin Nicolas Sarkozy. Pas un voisin germain, mais un quand même assez voisin pour qu’il en cause en connaissance de cause. Alain Bashung sur Nicolas Sarkozy (propos rapportés par le JDD) : « Le Pen en 2007 ? Il peut changer de costume et de coupe de cheveux, je n'oublie pas les histoires de « détails ». Je suis atterré de voir son discours à ce point aussi banalisé... Sans oublier Sarkozy qui proclame « La France, on l'aime ou on la quitte ». Voilà un discours très arrogant et agressif. On peut aimer son pays et en critiquer certains aspects. C'est mon droit et mon devoir de citoyen ». Nicolas a attendu hier soir pour expédier un petit mot de remerciements : « C'est un prince qui nous a quittés, un immense poète ».
Elle est pas belle la mort...
HV