Mardi 10 février 2009 2 10 /02 /Fév /2009 22:47

J'avais bien entamé mon pèlerinage sur terre : initiation en joli déshabillé blanc sur les coups de mes deux-trois mois. C’est la petite communion qui ouvrit le bal des contrariétés : que dal, pas un bifton. J'ai longtemps imaginé que la Grande, la solennelle, était une session de rattrapage pour les pauvres, ceux qui n'avaient pas eu de montre à la Petite, et je dus attendre un dimanche de mes dix ou douze ans pour récolter l’oignon. C’est donc tout émoustillé, croyant que les choses allaient crescendo, que j'acceptai la Confirmation. Seigneur, ce ne sont que quelques papillotes dont on farcit ce jour là mes galoches. Je fus amer (sans la bière, c'est vous dire), mais ma mère, dans une leçon de catéchisme tendrement improvisée entre la foire et le potage, m'expliqua les données du problème. Je convenais de sa bonne foi. Je poursuivais. Jusqu'à douter grave de l’équipe des pieds troués. Elle était coachée par un certain Jésus – ou Yézousse, selon le méridien sur lequel les ouailles ouaillent en chœur « ouille tiz ouaille » – un certain Jésus, je disais donc, qu'un mercato hasardeux avait expédié sous un faux nom à Rome. Quitte à quitter l'Olympique de Bethléem, franchement, moi j'aurais poussé jusqu'à Milan Assez. Passons (j'veux pas cafter, mais mon p'tit judoigt me disait pas plus tard qu'il y a quarante ans que le coach n’est pas souvent sur les terrains. A l'époque, c'était Paul Six, dit Paulo, le frère de Didier, qui se tapait les descentes dans les vestiaires. Tout ça pendant que le boss se dorait la pilule sur la plage, avec Barabas et Barbabidule, les bras en croix pour faire le malin). Je poursuivais jusqu'au mariage. A l'église. Où un pote à Paulo, dépêché par le Saint-Office, tortura, avec un Philips aux piles trépassantes, la chanson censée fleurir notre magistrale descente de marches. C’est là, amaigri par des années de carême brûlé, que mon esprit sain décidait de congédier Paul sur le champ. Jésuite comme on n'en fait plus, je ne ralliais officiellement le clan des mécréants qu'un peu plus tard, découvrant un bonheur très relatif, celui de ne plus croire, même pas (en) ceux qui ne croient pas. J’ai opté pour la religion du doute, la plus simple, la plus sûre, la plus confortable. La plus lâche, peut-être. Comprenez M'sieur le commissaire visionnaire, j'veux pas être gaulé pour faux témoignage, moi, puisque j'vous dis que j'ai rien vu !

Plan social au ciel

J'aurais pu aller croire ailleurs et en bon judas balancer la recette de l'hostie aux pruneaux de l'agent. Bé non, c'était pareil ailleurs. Rien que des boutiques de restrictions. Fesse pas ci, mets ton foulard, ôte ton béret, porte ta croix, prends la porte, va voir ailleurs si j'y suis, viens Poupoule, chauffe Marcel, passe moi le ciel, Amen-toi (Avé Maria si tu veux). Même chez les Bouddhistes (dont l’origine du mot, sachez-le, ne vient pas de «Boudiou, kife un peu la coiffe du curé», mais de Bouddha), fallait faire régime. Avé la gymnastique en rabiot.

De tous ces gens, j'ai finalement gardé de bons souvenirs. La plupart sont maigres mais sympathiques. Souvent sincères et généreux bien qu'un chouïa portés sur les gris-gris. Il y a pire : les verts-de-gris-gris. Que je vous explique. Chaque équipe a sa réserve – c'est comme au foot, je vous le disais –, l'équipe B, celle des vert-de-gris, attendant que la A soit au bistrot pour entrer en piste. Ce sont les fous de vous, cher Dieu, les traditionnalistes, intégristes, fondamentalistes, extrémistes, fach... euh pardon, enfin, oui, c'est un peu ça. Beaucoup plus ambitieux et propres sur eux que ces petits dealers de haine de hooligans cornaqués par les gros bonnets de nuit du chaos mondial. Ils sont si propres, les chéris, si maiiiiiigres, ces bons bergers, qu'ils se faufilent partout. Par le trou de l’aiguille, habillés en chameaux, ils sont entrés à la télé et nous jouent en boucle la baston de bergers. Ce cher Benoît Seize (qui ne Suze que si l'on Sancerre) en a vu rentrer quelques-uns par la serrure de sa garde-robe, mais il n'a pas moufté le brave homme. Allons bon, on n'est pas des pidouzes ! Hep m'sieur le chef-curé, on laisse même passer les bizarres du fond qui tendent le bras tout droit en l'air pour attraper le calice ? Et la miséricorde, bordel !, que répondit le Saint homme sur son Saint siège en renversant sur sa Sainte ure son Saint bol de Banania. Y’a bon, laissez ouenir à moi les bweubis égaouées.

Le Saint homme, à sa décharge, a bien du mal. Le marché de la connerie meurtrière est des plus concurrentiels aujourd'hui – pire que la téléphonie mobile – où musulmans intégristes et juifs extrémistes ne sont pas en reste, toujours prêts à nous foutre le bordel et la guerre au nom de Dieu qui aimerait bien qu’on lui foute la paix. Cela dit, si Monsieur Dieu voulait bien se retourner utilement dans son tombeau, il pourrait nous sortir un petit plan social de derrière les fagots et entamer l'opération délestage par quelques-uns de ses porte-bonne-parole.  

Au fait, avez-vous remarqué qu’on parle aisément des « bouffe curés », en se gardant bien d’invoquer la concurrence ? Ni « bouffe-rabbins » ni « bouffe-imams » ! Pas un néologiste ne s’est encore frotté à ce morceau de littérature. Les plus réticents sont sans doute chez nos amis les juifs dont quelques-uns perpétuent la confusion entre le commentaire sur la politique d'Israël – qui en mérite beaucoup en ce moment et pas des plus aimables – et le flagrant délit de révisionnisme. Donc, si Madame Tzipi Livni m'autorise et veut bien croire que je trouve Dieudonné pas rigolo du tout et Faurisson un vieux malade mental, je voudrais lui dire que peut-être, je dis bien peut-être car tout le monde peut se tromper dans la vie, elle devrait enfiler des tailleurs sombres lorsqu'elle s'excuse d'avoir loupé la cible.

Comme je suis un garçon optimiste, j’ai voulu conclure sur une note joyeuse ; sur les religieux et croyants qui, majoritairement, sont d'exquis et bienveillants bergers et brebis, sur la racine latine de « religion », « religare », qui signifie paraît-il « rassembler ». J’ai eu confirmation de l'exacte étymologie, par un neureux zazard, en tripotant gogole.com, sur intransigeants.wordpress.com. C’est le site internet d’un troupeau de dingues qui applaudit des cinq mains (parce qu’à ce stade du nunuschisme, il y a du handicap lourd, de la tuyauterie à l'abandon) la réintégration de la bande à Marcel. Marcel, plus connu sous le nom de Monseigneur Lefebvre, feu contremaître en chef de la congrégation du Saint-esprit. Officiellement, ces « intransigeants » sont des « étudiants catholiques pour la tradition ». Pour la tradition mais vomissant sur le net (avec un vrai site de professionnels où on voit bien que là où y’a de la gêne, y'a pas de plaisir mais y'a du flouze). On y trouve les dates des manifs à Paris pour « se venger de la politique sioniste et maçonnique qui influence Obama », lequel appel à la manif est commenté (non mais, c’est qu’ils ont aussi des doigts ces petits maniaques). Extrait : « Obama est un fils de pute. D’abord parce qu’il est (presque) Noir. Mais surtout, parce que ce sont d’autres fils de putes, youtres, ceux là, qui ont financé sa campagne. C’est comme ça qu’Israël tient l’Amérique dans ses mains crochues, depuis les Kennedy Brothers » (sic). Glaviot laissé en ligne, sans même un nota benêt désapprobateur. Visiblement le modérateur du forum était parti se polir le chinois (et vu qu'il a cinq mains, il avait convié dans sa piaule l'intransigeant webmaster, l'intransigeant gourou qui glougloussait  par là, le bedonnant bedeau et ce sacré sacristain). Branlette interdite, Messieurs ! Bé oui, c'est un mouvement et c'est pas conseillé dans la conservation. Mon Dieu, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font font font...

HV 

Par vianney huguenot / julien cuny - Publié dans : petitechroniquedulundi
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Liens

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus