Dimanche 19 octobre 2008 7 19 /10 /Oct /2008 21:32
Je n'ai aucune envie de vous écrire. Parce que que je n'ai aucune envie d'avoir des idées ce soir. Mais je me suis promis en prenant la route, tout à l'heure, de vous donner de mes nouvelles dès que j'aurais mis le pied ici. Ici, c'est à dire chez moi, après que j'ai été caliner l'âne et bécoter les biquettes. L'idée est encore plus idiote puisque je n'ai pas le temps. Une une soupe de légumes qui s'échauffe sur le gaz.
Je me suis donc imposé quinze minutes, pas plus, pour écrire ce torchon, sans possibilité de rien corriger, ni les fautes de goût, ni celles d'orthographe, ni de style, ni même les impardonnables qui me vaudront le quelques railleries du genre, du genre... passons !
Figurez vous que le genre en question est difficile. Passons.

Impossible d'entamer ma bafouille de ce lundi - après en avoir loupé plusieurs et notamment celle que je vous avais promise sur plouf-plouf chez christian clavier, que, tiens !, je n'ai pas affublé des majuscules qui d'ordinaire séyent (du verbe seoir, pas le temps d'appeler mon pote Bescherel) aux patronymes des gens bien - impossible je disais donc de ne pas parler ce soir de Déesse-Cas. Impossible aussi de trouver sur le net, mais je n'ai pas l'Adsl, ceci expliquant peut-être cela, la photo de sa paraît-il plantureuse Hongroise. On emmerde les américains, sans majuscule, et leur puritanisme qui, me disait un voisin juste avant que j'aille faire des poutoupoutoux à Arthur, l'âne, vient sans doute de la même racine latine que le purin. Je ne vois pas ce que le latin vizent foutre là-dedans mais ce type a sans doute raison. Le sacré bon sens près de chez nous.  

Vous pensiez sans doute que j'allais m'épancher ce soir sur le sort de ségolène palin, de la toussaint qui chrysanthème à grands pots, de la crise financière. Loupé. Je vous parle de Brel. Trente ans qu'il est mort. Pas une ride, rien. Ce type est phénoménal, fondamental, exceptionnal. On le dirait encore ici. Il y serait qu'on se sentirait pourtant mieux. Je me dis souvent que je suis un déjà vieux gros sale con de regretter l'absence de ceux-là, Brassens, Coluche, etcetera, parce qu'il faut vivre avec son temps, qu'on me dit tout le temps, et que chaque époque a son lot de gens bien, émouvants, phénoménants, exceptionnants, fondamentants. Je les cherche. J'attends. Que Bénébar cesse de nous glouglousser ses fiches-cuisine et que, que... je ne trouve plus son nom, c'est un humoriste qui a accompagné sarko au Vaticon, et bien que celui-là qui si élégamment nous parle de cul tout le temps postillonne aussi dans le micro pour faire trembler autre chose que les... (normalement, là, je réflechis et je reviens pour trouver un truc bien, qui cogne, mais là ça ne vient pas). Bref, on est paumés, pas un Balavoine en vue, pas une grande gueule qui fasse trembler le landerneau (voilà, le landerneau, c'est un bon début). Bref, on s'emmerde, on croupit à vue de ride, on ride à vue d'oeil, on vieuvieute comme des anciens jeunes. Brel, je ne sais pas vous en parler, il faut que vous l'écoutiez. Il est... comment dirais-je, indispensable. Je me dis, tout compte fait, que ce titre de chronique est parfaitement idiot. Bien sûr qu'il faut revenir en arrière. Puisqu'à l'avant du bateau il n'y a plus de capitaine, plus de sirènes, plus de dauphins, plus de vagues, plus de voile et même plus de whisky, il y a juste une large vue sur un horizon trop propre, un truc guind-aseptisé qui fait plaisir aux américains qui ne sont pas près d'aller repêcher des majuscules. Voyez, si j'avais pu revenir en arrière, j'aurais titré ceci : A la pêche aux majuscules !

HV


«Nous savons tous les deux que le monde sommeille par manque d'imprudence», Jacques Brel («Jojo»)


Par vianney huguenot / julien cuny - Publié dans : petitechroniquedulundi
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