Jeudi 18 août 2005 4 18 /08 /Août /2005 00:00

  Trifouille-moi-les-oss se la pète sec en ce matin de rentrée. Malgré un tout petit jour encore bien noir, la ville brille de mille tonnerres de feux. Les sacs de cuir aux portes manteaux attendent, cirés, que de frêles épaules daignent enfin s’occuper d’eux. Le néon d’un jeune Principal anxieux reflète sur le carreau d’un bureau déjà éveillé du collège. Le crachat violacé du gargotier astique le zinc du café de la Poste. Au coin d’une rue, un chien abandonne une flaque dorée. Les phares des éboueurs illuminent un instant la vitrine fendillée d’une boulangerie. Une pépée détale, cachant mal sous son ciré couleur cerise un cul démoulé à la perfection. Trifouille-moi-les-oss s’éveille. Il est six heures. Raymond Poildur, aussi, s’étire. Il est six heures aussi. Il s’assoit sur le rebord du lit, chantonne un début de déclaration d’amour à Ginette qui lui répond d’un semi ronflement. Il pète. Un obus, habituellement réservé au couloir entre la chambre et la cuisine, qui s’enfuit et vite envahit la couette. Ginette s’éveille. Raymond bave à nouveau deux trois sons incompréhensibles, puis fourre sa main dans son pyjama couleur matelas histoire d’y vérifier on ne sait trop quoi. Il tâte les murs, trébuche sur le caniche nain, « ah, t’es aussi de rentrée toi, 10 mois à nous faire chier avant le prochain parking ! », se dirige vers la cuisine, allume la radio. « RTL, il est 6 heures, le journal. Premier conseil des ministres. Dominique Pile-de-Vin y dressera le bilan des ordonnances de l’été. Catherine Laid en direct de l’Elysée dans un instant… ». « Dans un instant en direct, à 6 plombes du mat’… elle pionse au château ou quoi, celle-là ! » marmonne Raymond, une main sur le grille-pain, l’autre attardée on ne sait trop où. « Et puis nous reviendrons, poursuit le speaker, sur l’inondation d’hier, qui a ravagé le camping des pins à… ». « Non de Dieu Gigi, dégaine ton arrière-train et allume TéléMatin, si ça s’peut Poilsec passe à la télé ». Ginette bondit du lit. Puis rebondit deux trois fois avant de s’écraser sur la moquette. Elle hurle difficilement, pour cause de baston et de râtelier écaillé (voir l’épisode de lundi dernier) : « Poilchec à la télé, t’es chûr Monmond que ch’est pas ton morcheau de flan qui te chert de chervelle qui te choue des tours ?». « Allume, j’te dis et cause pas tant, ça retarde la pousse des canines » intime Raymond. « Télématin, il est 6h02, nous nous rendons de suite au camping des pins, englouti cette nuit sous un flot de boue. Une victime est hélas à déplorer, Albert Poilsec… un habitué des lieux, pourtant, Laurent… ». Laurent Moilamonnaie, l’envoyé spécial : « C’est bien ça, un retraité qui bullait pénardos au fond de sa petite caravane de retraité. Monsieur Poilsec aurait alerté les pompiers avant d’aller récupérer dans le petit ruisseau qui borde le camping une glacière, ce qui lui fût évidemment fatal et fatalement mortel. Mortellement avalé, je disais donc, par l’avaloir qui en la circonstance porte bien son nom. L’homme, d’abord blessé puis mort et inanimé, a été secouru par les secours qui bien que dépêchés n’ont pu que constater de décès et remplir le formulaire. Selon les premières déclarations de l’inspecteur Diurne, la victime aurait confondu le couvercle de la glacière avec la capuche du k-way d’une voisine. Il se serait alors jeté corps et âme, comme un seul homme, mort je le rappelle, dans l’eau.  « Un geste de bravoure à méditer, à rééditer même » a immédiatement déclaré Nicolas Bikiny, le jeune et talentueux ministre de l’Intérieur depuis son bureau de la place Beaux Veaux qu’il n’a d’ailleurs pas quitté de l’été… ». « Une glachière ? Mais ch’est not’glachière Monmond, s’écriât Ginette en recrachant un troisième chicot mal arrimé à la gencive, ch’est chelle que ch’ai oubliée chur le mur du ruicheau ». « Oh le fumier, fuuuuuumier de Poilsec, l’a été planqué ça au fond de la rivière ! Trois rosés de Provence qu’il restait. Les a pas emportées au paradis celles-là. Va avoir l’apéro saumâtre et le gosier vite flétri, le fumier, là-haut ! » éructe Raymond qui se jette méchamment et sur le champ sur son téléphone : « Allo patron, c’est Poildur, peux pas venir aujourd’hui, décès susbite et suspet dans la famille… c’est incondiscutable, un joint c’est tout ». « T’as raijon Monmond, ch’est comme cha qu’il faut leur caujer aux patrons ! » roucoule Ginette qui renfile son peignoir mal rasé et s’allonge sur le canapé, un morceau de la haute-cuisse dénudée. « Faudra que tu t’époiles, Ginette, ça commence à faire welkrow avec la moquette que j’ai remarqué… figure-toi que quand tu joins les pieds, qu’t’écartes les bras et que t’ouvres la bouche, ça fait foufoune géante ». Il éclate de rire. Elle recouvre le morceau d’un geste agacé : « Chi tu boches pas auchourd’hui, t’auras le temps d’aller au café de la pochte offrir tes anchois, tu chais qu’ils les attendent à ton retour, ils en ont l’eau chalée à la bouche dès la mi-chuin ». « Fuuuumier de Poilsec, les anchois ! Les anchois étaient dans la glacière Ginette ». « Bravo Monmond, le roi du jaune je chavais que t’étais, mais le roi des bleus, je chavais moins ! Ch’t’ai dit Monmond de faire confianche que d’un œil à un retraité de l’huicherie ! ». « Un quoi ? ». « Un huichier quoi !, tu chavais pas que cha caravane, il l’avait perquijichionné chur une de ches tournées ! ». « Paix à son âne, c’était quand même un brave gars, Poilsec… Gigi, ferme là ! ». « Vous êtes sur Télématin, la télé des matins malins, bonne humeur à bas prix dès 6 heures du matin… Tatata… Et nous voici à nouveau en direct du camping des pins de Saint-Trop-de-Pèze. Laurent, vous êtes bien là ? ». « Et la poufiasse du macchabée, elle s’agite le string oui ou merde, on va avoir l’antenne ! ». « Vous l’avez Laurent, vous êtes en direct ». « Ah oui ?... Madame, Monsieur, bienvenue sur France-Vieux. Nous avons le terrible devoir de vous annoncer la catastrophe qui a ravagé cette nuit le célèbre domaine des pins et endeuillé toute la communauté des campeurs. Dans un instant, c’est une exclusivité France-Vieux, un direct exclusif avec la veuve de Monsieur Poilsec, Madame désormais Veuve Poilsec. Elle est vêtue d’une magnifique serviette de bain noire. Elle est digne, bronzée, éblouissante, sa force… force le respect, elle est… elle est… terrifiante, cette veuve... Que dis-je, cette dame, cette grande dame qui aura marqué de son espadrille un siècle de campeurs… ». « Compliche d’un vol de glachière, oui ch’est tout ! ». Un bruit assourdissant parasite alors le haut-parleur gauche du téléviseur. C’est un hélicoptère qui survole le camping, balayant la poussière et le sable, des bouts de caravane, des fringues et des chaises. Laurent Moilamonnaie : « Madame Désormais Veuve, je suis obligé d’interrompre l’interview, l’on attend d’une seconde à l’autre l’arrivée de monsieur le Ministre de l’Intérieur ». « Quel honneur ! » pleure la veuve avant d’encaisser un coup de perche dans les lunettes. Elle s’effondre à terre, la main écrasée par l’envoyé spécial qui poursuit son commentaire puis se rue sur le coléoptère à moteur : « Monsieur Bikiny, mon prince, mon seigneur, mon bon ministre, une déclaration pour France-Vieux ». Un gorille surgit des aisselles encore vibrantes de la libellule à vapeur, manquant de peu une décapitation en direct : « Casse-toi Télé Pignouf, et dis-nous où sont tes collègues de T.F.hein ? ». On apprit plus tard que la veuve avait succombé à ses blessures. C’est l’assureur de Poildur qui, venu réclamer la glacière, la découvrit là, en charpie, sans doute écrasée par une troupeau de pieds. La Police conclût à une rhinopharyngite mal soignée. Elle fut décorée de la Légion d’honneur. « Médailles aux retraités et aux voleurs… comment veux-tu Monmond que la Franche tourne en rond. Cha part en volvo tout cha ! ». « A Vau l’eau qu’on dit, Gigi. Allez viens ma Gigi, j’ai remis la main sur les anchois. On va s’en faire une léchotte à La Poste ».       

 

H.v.

 

Par vianney huguenot / julien cuny
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Dimanche 7 août 2005 7 07 /08 /Août /2005 00:00

    Y’a des matins comme ça où rien ne file droit ! Ginette s’était fait draguer sec en discothèque. Non pas que ça eut déplut à Raymond qui se rassérénait de sa mistinguette en pré-retraite tenant un honorable rang au concours de l’épate de merlan. Ce qui l’avait chiffonné, Monmond, c’est que sa bergère ne repousse le dragueur de fin de soirée que d’un doigt frêle et d’un coup de valseur équivoque. Certes un lourdingue, le dragueur, mais nanti d’une belle paire de pectoraux. Et puis y’avait Starsky qui avait carburé au whisky, profitant de l’inadvertance bien inhabituelle de son père. Hutch profitant, lui, de la générosité tout aussi inhabituelle du taulier, n’avait pas démissionné une demi-minute de son siège. Une moitié de fessier sur un tabouret trop haut, il avait aussi correctement rasadé écossais. Selon les premiers constats de la police, Hutch avait arrêté de déguster juste avant de déglutiner les moules-frites de l’après-midi, saucées et hachées comme il faut, sur les escarpins dorés d’une apprentie midinette à l’acné printanière. « Goujat » lui avait-elle postilloné en fixant ses galoches relokées et finalement gaulées comme des après-ski d’avant-guerre. « Le porc ! », avait-elle insisté bêtement. Hutch s’était pourtant élégamment toiletté les gencives avec le foulard en nylon de la demoiselle, avant de lui expédier discrètement au fond du sac à main, sans qu’elle eût même raqué le complément, un chtit rabiot de sauce. Classe, le serveur ! De cette soirée, Poildur père n’avait aucun souvenir précis. Sinon d’avoir empoigné une danseuse, puis de l’avoir réquisitionnée pour des travaux d’approche. « C’était une sorte de tenue de camouflage, en sorte ? » questionnait l’inspecteur. « Ouh la la, Mon Adjudant, c’tait une cavalière gros format, type mama avant le sauna. Y’a de quoi nourrir le Biafra et sa banlieue rien qu’avec le bras droit. Impec la danseuse, les Roberts taillés sur mesure pour ma gueule. Y’à eu méprise, c’est tout, b’sieur l’insbecteur. Je l’avais choisie pour me rapprocher discrètement de Ginette et Rambo et savoir ce qui se tramway entre eux, si y’avait pas comme un désir de quelqu’chose qui montait ». Poildur assurait que sa mama en question s’était laissée allée au jeu, toute gaite d’avoir dégoté un sexagénaire en rase compagne. « Monmond, quel drôle de nom… tu viens dans mon 4x4, Monmond », qu’elle me disait même, b’sieur l’inspecteur. Et pis c’est là que j’me souviens plus, j’y ai susurré à l’oreille « Qu’est-ce qu’il lui trouve donc à cette grognasse, elle est ficelée comme un bedeau » qu’j’y ai susurré. Et c’est là qu’y’a eu méprise, moi je causais du play-boy gominé qui draguait ma femme. Et ma sauveuse du Biafra, elle a pris le compliment pour sa pomme. Et là, plus rien ! Starsky m’a dit que j’avais pris un revers du genou là où ça fait male, et puis plus rien, étendu sur la piste. Raide. Et je me relève ici chez vous ». L’inspecteur fit remettre Poildur au garde-à-vous, et se rassit : « Je vais vous dire, Monsieur Raymond Poildur, pourquoi vous êtes en garde-à-vue. Vous êtes tombés, c’est sûr. Mais vous vous êtes relevés dans la boîte de nuit. Ne niez pas, tous les témoins en état attestent. Vous avez achevé votre pastis, vous en avez recommandé un autre, vous avez joué à saute-mouton sur les banquettes, cassé 82 verres, 17 bouteilles et une dent à votre femme, insulté le tabouret, tenté de violer un table basse, dansé la lambada avec un porte-manteau, sodomisé l’armoire à CD, uriné dans l’évier, vomi dans votre slip et déféqué sur la moquette. Et puis vous avez traité trois fois de truie mal tringlée, je vous cite, la mama en question. Cette mama étant précisément et présentement Madame le Procureur ! ». L’inspecteur héla violement le planton, « ramenez-moi ça en cellule », puis rejoignit ses collègues et le divisionnaire dans un bureau voisin. « Compliqué, Monsieur le Commissaire, comme cas ! » fit-il savoir au commissaire. Qui, sentant le bout de ses doigts qu’il venait subrepticement d’extirper de son falzard, lui rétorquât du tac-o-tac : « Attention, Diurne (c’est son nom, Marcel Diurne), la circulaire Sarkozy est applicable dès hier soir : paie et promotion au point dorénavant ».

-         L’inspecteur : « Mais c’est bien le problème Commissaire ! Ok, c’est un alcoolique…Planton, c’est combien pour un alcoolique ? ».

-         Le planton : « 6 points l’arrestation, 12 si elle s’est faite en présence de la presse, 18 si la presse a fait une photo, 24 pour la garde-à-vue, 48 la comparution immédiate au tribunal, 96 pour un mandat de dépôt ».

-         L’inspecteur : « Et pour un fonctionnaire ?…car il bosse aux impôts, M’sieur le Commissaire ».

-         Le planton : « Ben là, c’est compliqué, y’a plusieurs grilles… ».

-         L’inspecteur : « Je viens de dire qu’il bossait aux impôts ! ».

-         Le planton : « Ah c’est pas mal… pour l’instant y’a arrestation sans la presse + garde-à-vue, ça vous en fait 18 de plus pour un agent des impôts, M’sieur l’inspecteur. Cela dit, y’a une asterix sous cette grille qui dit que si l’agent des impôts est directement rattaché à Bercy, prière de ne rien faire et d’alerter le directeur de cabinet du ministre ».

-         Le Divisionnaire : « Un fonctionnaire alcoolique, vous avez consulté sa carte biométrique au moins ? ».

-         L’inspecteur : « Impossible patron, les renseignements gamma Gt bouffent tout le disque dur ! ».

-         Le divisionnaire : « Pas au point leur truc ! ».

-         Le divisionnaire à nouveau, les doigts maintenant dans le nez : « Alors, le problème il est où, vous venez de vous faire 48 points. Et vous allez doubler la mise, parce que je peux vous dire que la procureur a pas oublié sa gueule ni la couleur de sa couperose et va nous le fourguer au tribunal illico à l’aube ! Ca vous fait 5 points de retraite à l’œil et 2% de rallonge sur le salaire ! Il est où le problème ? ».

-         L’inspecteur : « Il est, M’sieur le commissaire, qu’il fut aux jeunesses balladuriennes… »

 

-         Le planton : « moins 3 points »

 

-         L’inspecteur : « …qu’il fait la quête pour la croix bleue à la sortie de la messe… »

 

-         Le planton : « moins 3  points »

 

-         L’inspecteur : « …qu’il a dénoncé en 1983 son voisin qui fumait la pipe sur le palier en cachette de sa femme… »

 

-         Le planton : « moins 10 points »

 

-         L’inspecteur : « …qu’il a signé le comité de soutien de Christine Boutin en 1954… »

 

-         Le planton : « moins 5 points ».

 

-         L’inspecteur : « …qu’il est abonné à LCI et qu’il envoie des SMS à Combien-ça-Coûte… »

 

-         Le planton : « Oh putain, patron, moins 20 points ! »

 

-         L’inspecteur : « …qu’il a une carte fidélité chez Lidl… »

 

-         Le planton : «  moins 1, pas terrible ! Si c’était Mammouth, c’était moins 5 »

 

-         L’inspecteur : « …et qu’il a déclaré à son coiffeur qu’avec Sarkozy, ce s’ra pas pire qu’avec Chirac ».

 

-         Le planton : « Ouaouhhh, ça c’est pire que la grande loterie, moins 50 points pour une arrestation, moins 100 pour une garde-à-vue »

 

-         L’inspecteur : « Tout ça donc, soustrait de tout ça… j’suis pas sûr qu’on soit encore dans le positif, voyez-vous, M’sieur le Divisionnaire ».

Poildur sortit du commissariat comme d’un sale rêve. Dix minutes plus tard. Persuadé que sa plaidoirie nocturne avait éclairé l’inspecteur Diurne. Il courut au camping réveiller Poilsec et Poilmou, tel un sauveur de la réputation familiale, révéler la bonne nouvelle : « Rien, les gars, et sans avocat, à la tchatche que j’y suis allé ! ».

H.v.

 

 

Par vianney huguenot / julien cuny
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Mardi 26 juillet 2005 2 26 /07 /Juil /2005 00:00

Pour sa villégiature d’automne, le PS aurait pu choisir Thiers, pour sa coutellerie, ou encore Strasbourg, pour sa choucroute, ou Saint-Claude, ou Vire, ou Lourdes pour ce que vous savez... Non, il a fait l’heureux choix des rillettes ! (Pour les profanes, le PS tiendra congrès en novembre dans la ville du Mans). Le gros Larousse, expert en matière grasse, nous dit que les rillettes sont « une préparation réalisée par cuisson dans la graisse de viandes découpées de porc, de lapin, d’oie et de volaille ». Vous conviendrez que le symbole est au poil. Car on entend que les rillettes ne seront goûteuses que si les viandes (traduisez : les courants du PS) y seront parfaitement agglutinées ; et qu’elles ne peuvent se soustraire à l’instant d’une cuisson réussie (traduisez : un congrès exemplaire) pour s’accointer. Rennes, dont le congrès se déroula en 1990 et qui fut, comme chacun sait, une gaite fête de famille, n’avait rien produit de particulier… sinon quelques ducs de Bretagne et un parlement du même nom qui crama un peu plus tard. Il fallait donc cette année que la ville hôte du congrès socialiste comporta un symbole fort. Mais la cuisson sera-t-elle généreuse en novembre ? Pour que le pot de rillettes fasse recette en deux mille sept ? A mes camarades socialistes, une petite recommandation, si je peux me permettre, pour le congrès et l’alternance de 2007 : n’oubliez pas le sel, les épices et les aromates, ces touts petits riens qui font le reste. Et presque tout !  

 

1-     Prenez le thym. Car souvenez-vous de ce que disait François Mitterhym : « il faut laisser le thym au thym ». Donner le temps au temps, c’est se le donner ! Mais c’est aussi s’en aller dire à l’opinion que la vie, c’est pas Loft Story… Bref, en des termes policés et militants, que la politique ne saurait calquer son rythme sur celui des médias. C’est la durée qui fait la différence et ce n’est pas aux sondages de dicter le calendrier politique. Ca c’est dur, bien sûr, dans ces moments de mania-média où il faut agir vite, s’agiter le temps d’un JT, et éviter de penser en public de peur qu’on prenne votre rêve pour une promesse !

2-     Yoyo, passe-moi le sel ! C’est le basique du basique, le sel. Combien de mets sont allés se faire mettre parce qu’on l’avait oublié, celui-là ! C’est un peu l’histoire de Yoyo, qui fut pourtant un cuistot réputé. Il s’en alla un jour bouter le grand Jacques hors du Palais. Il pensa à tout, Yoyo : « Laurier pour les centristes. Gingembre pour les libéralistes. Quelques rameaux de serpolet pour les gauchistes. Et pourquoi pas, tiens, deux trois tiges d’angélique pour les lepénistes, il faudra bien les ramener à la raison et à la maison ». Et ça touilla. Un soir d’orage, un vague militant de province fit halte à l’atelier. « Hep, toi l’manant, ôte tes mitaines et goûte z’y ça » lui dit l’aide-cuistot, Jehan de la Glavanouille. « Manque un truc, gentilhomme, à ta tambouille » avisa le péquenouille. Trop tard, Yoyo était déjà parti au 20h de Jean-Pierre Coffe jaser que son programme n’était pas socialiste : « mon plat n’est pas salé, un point c’est tout ! ».    

 

3-     Une fine pincée d’estracon. Il y a toujours dans un rassemblement de socialistes celui qui se lève le matin et qui s’dit : « Putain, j’ai rien à dire… Ah si, tiens, une connerie ! Faut qu’je passe à la télé, y’a manman qui regarde ! ». L’estracon est estraindispensable. Certes ridicule à la tribune, mais tout de même, estra, quoi ! Lorsqu’il parle, les poufs de rire font masse et messe basse, puis laissent place aux toux les plus crapoteuses, puis à un étrange sentiment de gêne générale, puis à un clap-clap final et bienséant. Ne riez pas, l’estracon est un pilier du plat. Sans lui, la cuisson se révèle fade. Et le congrès vite ennuyeux. Il y a ceux qui poussent un peu, c’est vrai : Le lourdingue qui s’étale dans l’allée ou le plagieur qui détale à la tribune répéter la même chose que lui. Vous le reconnaîtrez facilement, le plagieur, car il entame généralement sa causerie par ça : « Je voudrais rebondir sur ce que vient de dire mon camarade Poildur… », et c’est vrai qu’il tombe rarement à côté du trampoline le coco !

 

4-     Et pis du piment ! On l’oublie trop cet anti-anesthésique, ce touilleur de tripes,  agitateur de langues. Car il faut le dire, même si on l’aime ce parti socialiste, on s’y emmerde souvent lorsqu’on est militant ! Des militants hélés pour aller coller, contraints d’aller draguer la boîte aux lettres, avisés de chaises et d’applaudimètre à mettre en place, assignés à réunions, à d’interminables monologues qui ne font bêler que quelques onanistes assermentés. On souffre d’un manque de convivialité et de simplicité. Tout le monde cause de cette société patati, qui perd patata ses repères. En voilà dieux, non de Deux ! Je propose cet amendement aux statuts : « Aucune réunion de section, sous peine de sanction à l’encontre du complot de pisses vinaigre, ne pourra s’achever sans que le monde y ait été refait autour d’un verre de rouge et dans l’ambiance bleutée et parfumée de rejets parfaitement nocifs de gauloises brunes ».

 

5-     Eviter la maniguette. Il y a différentes variétés, la plus répandue étant la groupette de travail et la commissionnette ad hoc. Voire la missionnette d’étude, mais c’est plus rare. Là non plus, ne sortez point le lorgnon, le maniguetteur est facilement identifiable dans la foule. A l’œil, au nez et à l’oreille nus. C’est celui qui se lève dès l’estracon affalé en bas de la tribune, feint de ne l’avoir vu s’écraser, s’empare du micro, réajuste sa craftouse, vérifie que sa braguette est correctement verrouillée, pose les mains sur le pupitre en dodelinant les doigts d’impatience, puis propose que l’on réflechissasse à tout ça, « plus tard, plus sérieusement mes camarades car le temps presse », en créant une commission de travail. Il faut reconnaître que la formule est efficace pour clamer l’intérêt que l’on porte au sujet… mais que là, franchement, la clim étant en panne et la safrane mal garée, on irait bien boire ailleurs !        

 

6-     Enfin, le fenouil. Il fait péter, c’est connu. Il faut péter, c’est bien connu aussi. Faire péter les sujets qui fâchent, voilà où je veux en venir ! Il y a de lourdes problématiques de société à inscrire à l’ordre du jour. Prenons la télé. Intouchable ! Tout le monde la regarde, personne n’en parle. Formidâââble outil, dirais Jack, au service de l’éducation et du divertissement, elle est en passe de devenir une infernale bécane à décerveler le citoyen. Même les oies font mieux que nous, elles souffrent quand on les gave… Peut-être même qu’elles gueulent ? Alors, quoi ? Ben oui, quoi ! On nationalise Coca, on dératise M6 ? Je ne sais pas, moi, mais on en parle au moins !

 

7-      Putain con, j’allais oublier le poivre, con ! Indispensable à petite dose, exécrable en cas de main lourde. C’est l’épice préféré de notre bon ministre de l’Intérieur. Il en balance partout. Puis toute la ville atchoume, renifle, s’astique les narines à la recherche de stalactites en tous genres et se mouche dans le tampax du voisin. Et paf, il se pointe le Sarko. « Porteur d’eau, porteur d’eau… » qu’il crie. « Là c’est plus possible ! » qu’il dit aussi, « j’avais prévenu que ceux qui éternuaient la nuit sans me prévenir iraient direct au coin du bagne. Privés d’Assedic, allez hop, dehors ! ». Il faut que la gauche arrête de causer comme Sarko ! C’est sûr, les petites vieilles ont le droit de dormir en paix sur leurs vieux entonnoirs… et les petits crafias de merde de dealer d’aller dormir en taule ! Mais c’est pas ça le cœur de notre discours, et encore moins le centre de nos convictions. Allez, un petit effort camarades, un bon gros programme pour l’éducation, des instits, des bourses, des tunes, des écoles… et pas la peine de plier cartable dès que Sarko éructe sur « nos bonnes consciences de gauche ». Bonne conscience, ben tiens, je veux mon neveu qu’on l’a encore !

 

H.v.

 

 

Ne loupez pas, la semaine prochaine et celle d’après, les deux derniers

 

épisodes de notre saga de l’été, « les aventures de la famille Poildur »

 

Par vianney huguenot / julien cuny
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Dimanche 17 juillet 2005 7 17 /07 /Juil /2005 00:00

La famille Poildur sur le Tour de France, 3ème épisode de notre saga de l’été

 

 

 

 

Ginette avait prévenu ses males : « extraction du camping ce soir, la route est fermée tôt demain à la circulation ». « Et puis comme ça on plantera la tente bien là où ils en bavent les rois de la pédale, dans un virage, sur une côte rôtie » avait suggéré Raymond. Ils partirent donc la veille de cette épique étape de montagne, sans rien omettre de l’attirail du sportif : Casquettes, lunettes, trompettes ; Bières, crème solaire, glacière aussi. Les fils avaient été chargés d’une rapide érection de la tente. Et priés de la bien tendre. Tandis que Ginette préemptait une paisible nuit sur la banquette arrière de l’automobile, Raymond coupait court aux discussions des garçons : « Vous savez bien que votre maman cause en dormant… d’un peu partout et dans toutes les langues ». Les premiers aboiements de la caravane du Tour coiffèrent, sur les coups de 10h, les derniers gémissements d’une Ginette encore endormie et rêvant, racontera-t-elle plus tard, d’un « Raymond star, boutonnant à l’issue d’une enfilade de cols en forme d’enfer, une superbe liquette jaune taille 32, puis bécotant sous les olas et les hourras d’une foule délirante et puante de sueur, sa ravissante épouse à qui il doit tant et presque tout ». Raymond n’avait pas embarqué sur ce rêve. Il était bien en jaune, mais il n’était qu’un peu plus bas, le cul calé sur un talus, sirotant un café-calva flanqué de ses deux aînés. Le dernier de la famille et de la classe était agenouillé au bord de la route, récupérant au vol toutes sortes d’objets publicitaires que les sponsors, trop généreux, jettent aux passants. Va donc, eh, manant, et reçoit ce porte-clé Miko et cette visière Renault en signe d’union éternelle ! Formidable benjamin !, un cancre au tableau noir, mais un cador en chiperies et filouteries. Il était remonté sur le lieu du pique-nique, hors d’haleine, la besace pleine de quoi nourrir des poignées de badauds : « Regarde p’pa, douze mignonnettes Ricard, huit sacs de mini saucissons Elf, et pis des Mars… ». « …Tu vois Monmond qu’on en fera quelque chose de ce gamin » marmonnait Ginette. « Et pis des Mars, des ballons… » poursuivait l’enfant, rouge écarlate, fier de cette reconnaissance tardive, familiale et même générale. Heureux de se trouver là, comme dans une nouvelle rêvasserie maternelle, au centre des envies, des attentions et des jalouseries de ses deux fayots de frères. « Des ballons ! Ouai… » se réjouit le paternel. « Des ballons ?... » s’interrogea-t-il tout de même en palpant l’emballage. « Quoi, des ballons ?... et mon cul c’est de la baudruche… » hurla-t-il en lisant la marque, « Peinard-au-bénard », avant d’expédier à l’attardé un recommandé sur le coin de l’oreille. « P’pa, c’est une coccinelle rose avec des garçons qu’on aurait dit des filles qui les distribuaient… » plaidait le fiston. Non-coupable. Ginette désappointa la mine et dandinât la tête de gauche à droite, ses seins lourds et fatigués peinant à copier le trajet de la visière : « Tu parles d’une promenade éducative Monmond ! Dix heures à attendre que l’Internationale des seringués daigne en deux minutes nous passer sous le nez. Et voila t’y pas que le gamin nous revient avec des sacs de capotes anglaises… j’ai honte, mon Monmond, tout le monmonde nous monmontre du doigt ». Ginette disait juste, l’attraction avait quitté la route pour les hauteurs du talus. Certains applaudissaient. D’autres s’interrogeaient à voix haute sur le cachet que toucherait cette troupe dépêchée pour faire patienter plaisamment les braves gens. Elle disait deux fois juste, Ginette. Car cela faisait une presque journée qu’ils attendaient, sous la canicule, le plus grand canular sportif de l’année qui allait passer sous leurs yeux… en trois bonnes minutes et quelques pets de chronomètre. Poildur, le rustre concierge du centre des impôts de Trifouille-moi-les-Ouïes, dans la banlieue lilloise, n’en était pas moins brave homme. A peine rentré au camping des pins, il s’en alla quérir des nouvelles du lumbago de Poilmou. Et lui offrir les trophées en caoutchouc obtenus de haute lutte par son très hypothétique futur bachelier de fistaillon. « On a pensé à toi – dit-il en fourrant discrètement le sac sous une pile de Nice-Malin – c’est pas vraiment recommandé pour ce qu’t’as, mais enfin… ! ». Poilmou décrivit l’étape qu’il avait suivie à la télé depuis sa caravane. Il annonça ensuite la terrible nouvelle : « Les JO de 2012, c’est pour Londres ». « Oh no, maille gode, aïe âme feuking bertrand ! » s’exclama Poildur dans un anglais aussi parfait que le français de son dernier rejeton. Il décidait dès lors de noyer l’énormité de son chagrin en versant, à parité sur la nappe et dans le godet, une septième rasade d’anisette. Impassible, Poilmou poursuivait son compte-rendu (tandis que Poilsec arrivait, ravi et revenant d’une excursion sur une plage de naturistes) : « Chirac a présenté à Delanoë ses condoléances qui s’est empressé d’en faire autant à Lamour, le ministre d’Adidas et des sports, qui, lui, les a expédiés au judoka à la brosse, tu sais le coach de Bernadette, son nom m’écharpe… qui lui n’a rien pigé et les a acceptés ». « Au dernières nouvelles, c’est donc l’UMP qui est en deuil ? » questionna Poilsec, demeuré, comme son nom l’indiquait parfois, fringué comme Adam. « Faut voir l’étape de demain, je parie que Jacques va missionner Bernadette pour une virée chez le judokaz qui rédigera sous la contrainte et sur le champ une p’tite nécro à je ne sais quel socialo parigot ! » assura Poildur, l’œil droit rivé sur la boutanche tristement asséchée, le gauche fixant la tuyauterie joliment colorée de M’sieur Poilsec. Les trois compères franchissaient une mauvaise étape de leurs vacances. L’un alité comme un vert légume, l’autre nu comme un vers impudique, le deuxième autre déprimé comme un verre sec et vide. Ils décidaient, dans un élan de compassion confraternelle et proprement masculine, d’éponger leurs larmes et d’épancher sur l’évier du bar de la plage leurs états d’âme. Non sans avoir alerté, dans un second élan, plus chevaleresque encore, leurs respectives et non moins respectables épouses qu’elles ne s’inquiètent de leurs maris ni ne s’enquièrent de leur échappée solidaire et nocturne avant l’aube du lendemain. Les fugitifs dîneraient ce soir ensemble. Entre hommes.

H.v.

 

 

 

 

 

Par vianney huguenot / julien cuny
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Mardi 12 juillet 2005 2 12 /07 /Juil /2005 00:00

Une déflagration fissura le matin et fit sursauter la zone sud du camping des pins. « C’est toujours la même foire avec ces oignons en sauce, gueule Poildur, ça attaque les zeuytons à l’épluchure et le calbut à la digestion ». Il sort de sa caravane, balance un coup de pied dans le tipi des momes, leur signifiant ainsi que le boulanger n’est pas à leur disposition, puis s’astique les roubignoles d’un dynamique coup de main. « M’man, prépare les sacs, on va à la plage » gueule-t-il encore. Ginette s’éveille à son tour, s’étirant de tout son large. Elle est vêtue d’une très élégante demi-douzaine de bigoudis. Elle s’affaire, puis hurle à ses fils qui barbotent sur l’écume d’un rêve : « Allez donc me chercher Ici-Paris-Match pour la plage ». Poildur brouille définitivement les ondes nocturnes de ses rejetons en leur hachant une nouvelle fois les écoutilles : « Et prenez moi donc aussi l’Epique et Nice-Malin, on aura l’air moins con sur le sable, hein Ginette ! ». Fuse une ultime roquette sur l’allée embrumée des oliviers, à présent debout. Il est 11h, la famille Poildur charge le break. Poilsec et Poilmou sont à la pêche au gros. Ginette s’agite, va-et-vient du mètre-cube de sa salle de bains de caravane au double mètre-carré de la table du petit-déj écourté. Avec des gesticulations de hanches à faire baver un troupeau de Corréziens au salon de l’agriculture. « Tu m’trouves comment Raymond ? ». « T’es chouette ma Gigi, oublie pas tes lunettes ». La plage est blonde, chaude et bondée. Des milliers de slibards se dandinent à l’ombre des parasols, pas un grain de sable à ciel ouvert. « Lâche un obus Raymond, ça nous fera de l’air » lance Gigi, impatiente de révéler sa « collection Printemps-Eté Dernier tiers de siècle ». Pet et dit !, une centaine de centimètres carrés se libèrent à peine la troupe parachutée en fanfare et mitraillettes. « P’pa t’es un génie ! » hurle l’abonné du Cours Elémentaire qui encaisse une énième tarte paternelle pour avoir réveillé une jolie Roumaine ; Une vacancière aux profonds et larges seins orangés, demeurée à demi asphyxiée sur la parcelle des Poildur. « Frappe pas si fort, Monmond, l’a d’jà le cerveau en bouillie le biquet » conseille tendrement Ginette, présentement la proie des voyeurs de la plage des pins. Raymond déploie un magnifique parasol Kronenbourg. Ginette s’agrafe une paire de lunettes sur un duo d’oeils strabisants et parfois malicieux.

 

ICI, PARIS-MATCH… LES NANTIS PARLENT AUX NANTIS

 

Elle s’empare d’Ici-Paris-Match qui a fait sa Une sur « Les Français qui vivent au-dessus de leurs moyens ». L’hebdo annonce un entretien exclusif avec « le ministre de l’Economie de bout-de-chandelles, Thierry Caleçon, resté seul avec Nicolas Bikiny à travailler tout l’été à Paris ». « Ca veut dire quoi, P’pa, vivre au-dessus de ses moyens ? » lance Starsky, l’aîné des Poildur. « Voilà, je t’explique : imagine que ta maman pour venir ici aurait pu s’acheter un nouveau maillot de bain et, par la même occasion, relancer l’industrie du textile dans tout le Jura et les Vosges… et bien non ! Elle a vidé la moitié du grenier et passé l’autre moitié de la nuit à raccommoder de vieilles culottes pour en faire une très belle, très colorée, qui fait aussi l’attraction de la plage ». « Mais nous, alors, on travaille pas pour l’économie française ? », questionne le second de la famille, prénommé dans un vague moment de lucidité égarée, Hutch. « Oui et non, fiston, c’est pas si simple l’économie, parce que vois-tu, toutes les économies que ta pauvre maman fait en ruinant l’industrie textile, ton papa se rattrape en relançant les fabriques de cacahuètes et d’anisette, comprends-tu ? Imagine toi qu’à nous trois, Poilmou, Poilsec et moi, on fait vivre au moins la moitié du comité central de chez Ricard ». « Tu vis donc au-dessus de tes moyens, P’pa », hurle la tête à claques retriplante. « Non, je fais comme le ministre, des choix que je fais. Lui il augmente la TVA sur les produits de grande consommation, les haricots aux OGM ou les carottes au diesel par exemple, ça remplit les caisses pour que le boss de ton papa, qui trime l’été à l’usine du temps que ton papa joue les Raoul sous les pins, puisse payer moins d’impôts à la rentrée. Logique ! Et moi, j’suis pas ministre, ni débile d’ailleurs, alors je t’ai acheté des devoirs de vacances en soldes… avec seulement les pages de solutions. Ainsi, j’économise d’un côté, et de l’autre je dépense, je relance la production de l’anis, celle du verre, des capsules à vis et de l’étiquette papier. Et l’été, j’évite une faillite au bar de la plage. Et au bar de La Poste le restant de l’année ». « Un sauveur de la France vot’ père… un poilu des temps modernes que t’es, mon Raymond ! » s’écrie Ginette qui s’est attardée sur la page Politique. « Oh, Monmond, t’as vu, les députés ont voté, que c’est écrit, « une loi qui autorise le Gouvernement à recourir aux ordonnances pour appliquer un plan d’urgence pour l’emploi ». C’est quoi ces ordonnances, Monmond ? ». Raymond transpire. Puis, une main sur la glacière, l’autre sur la Roumaine, soupire. « Pffff, c’est compliqué à expliquer ça. Comment dirais-je… c’est une sorte d’intérim restreinte, c'est-à-dire que les députés qu’ont tous loués des mobil-home à Brégançon et qui veulent pas payer pour des prunes, y disent en gros : « voilà, y’à Caleçon et Bikiny qui sont là, pas là peine d’être cinquante mille pour découper le code du travail, on leur fait confiance ». Et voilà ! Bon, y’a bien Dominique Pile-de-Vin, leur chef, qui les appelle de temps en temps : « Ca va les garçons, les poissons et le chat toujours pas morts ? Vous êtes bien sages hein !, vous faites du découpage, parfait, à lundi ! Et si vous avez fini le code du travail, y’a la carte électorale à colorier » Et gling, il raccroche ».                

 

H.v.

 

Par vianney huguenot / julien cuny
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Lundi 4 juillet 2005 1 04 /07 /Juil /2005 00:00

ça y est, c’est pas trop tôt, la France entre enfin en léthargie. Les bahuts agrippent des cadenas sur les grilles et promotionnent les concierges proviseurs en chef. Le petit dernier de la famille Poildur reçoit sa première baffe de l’été pour cause de re-triplement de CE2. Il empile ses cahiers de vacances bien au fond des valises. Poildur en chef a fait réviser la Peugeot 306 (parce que six 51, patron, ça fait 306 !). Les pneus de la caravane pliante sont gonflés à bloc. Le pastaga est dans la glacière et les sandwichs dans la mayonnaise. La carte routière trône sur la table de la cuisine comme dans les états-majors à l’aube de l’assaut final. Le chat se doute bien de quelque chose. « Cet empilement ridicule de paquets de croquettes. Et puis la vieille du cinquième venue piquer le double des clés et qui teste la serrure chaque fois qu’elle descend la poubelle. Ridicule ! » miaule-t-il. La mère Poildur teste, elle, ses dessous de plage, récidive une baffe au niard et sort sa Singer électrique : « Avec deux maillots de 1960, je m’ferai bien un bikini pour cet été ». « Départ à 5h du mat’, a dit Poildur, pour une arrivée à 18h, pile-poil à l’heure de la messe. J’ai promis aux Poilmou et aux Poilsec qu’on se retrouverait pour l’apéro au bar de la plage ». « Ouh la la, et moi qu’ai dit à M’dame Poilue qu’elle nous prépare une ratatouille à la mayonnaise du temps qu’on monte la tente des petits » se souvient la mère Poildur qui admire face à la glace son nouveau bikini bicolore. « Comment tu m’trouves, Raymond ? ». « En forme, Ginette !... là, va falloir qu’ils s’y mettent à trois pour t’faire du gringue ! ». 7h45, départ. 22h30, arrivée. Le bar de la plage est encore allumé. Poilsec et Poilmou aussi. Poildur donne les ordres : « M’man va réchauffer la ratatouille. Toi, tu sors la tente. Toi, les piquets et le piolet, et hop. C’est pas sorcier, l’an dernier c’est moi qui l’ai fait, Poilsec était en retard… le tunnel de Fourbière dans le mauvais sens qu’il avait prit, tu t’souviens Gigi ! ». Il aligne une baffe au dernier de la classe et lance à la marmelade « J’ai à faire, je rentre tantôt ! ». La tente ressemble à un tipi mal léché, elle abrite maintenant le sommeil du cancre et de ses frères. Derrière les rideaux de la caravane dépliée, on aperçoit une forme qui se démène. On apprendra plus tard que celle-ci avait lutté une partie de la nuit avec un string égaré dans les vertigineux et non moins chatoyants méandres d’une ex « Miss Camping des pins 1968 »… j’ai nommé Miss Poildur. C’est Poildur Père lui-même, très fier que son officielle, « à son âge », manie encore les ficelles avec doigté, qui le raconta le lendemain au bar de la plage. Ah, le bar de la plage ! Un résidu de paradis, cette boutique là. Les tables de la terrasse y  sont crasseuses, à peine moins que le gargotier. La sono éjacule de la chanson typiquement française. Les glaçons fondent aussi vite que l’électorat communiste. Les cinq-étoiles patientent rarement dans le frigo et l’on y refait à chaque tocsin le monde, la France, l’Europe, le Tour de France, la coupe du monde et les élections. Qu’ils sont tristes ces sportifs revenus de vacances crapahutantes et décrivant au bureau leurs formidables et fatigantes randonnées sur le Mont-Machin. Ils sont bronzés, braves et brillants, certes. Le muscle tendu, le poil vif et l’haleine fraîche, certes. Le risque moindre, certes, d’avoir croisé sur les sentiers Radar et Pipette et leurs copains en uniforme. Mais ils ne connaissent pas le Bar de la plage, son anisette glacée, la chaude gouaille de son patron, les soirées qui réquisitionnent les matins, les apéros du midi qui rejoignent sans se fatiguer ceux du soir. Ah, s’ils savaient que le soleil accoudé au zinc de la plage a un coucher aussi beau que celui qu’ils zooment sur les hauteurs du col de Truc. Et que sur la pointe du Bidule, d’où paraît-il on semble dominer le monde, il n’y a même pas un connard pour vous souhaiter la bienvenue en vous chantant « Et pour le p’tit gros en marcel, ce serait’y pas un pastaga que j’lui sers ? ». 

 

                                                                                                         H.v

Par vianney huguenot / julien cuny
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Mercredi 29 juin 2005 3 29 /06 /Juin /2005 00:00

Les dames se pressent pour emplir les premiers rangs du balcon, et les hommes papotent poliment en faisant mine de se moquer de cette foule idiote. Le grand show va commencer. Deux ans de spectacle avant le baissé de rideau prévu en mai 2007. La foule est immense, impatiente. Elle ne parle que de ça. Ca quoi ? Ca, l’insécurité dont tout le monde n’en peut plus. Le petit Sarkozy est entré sur scène le premier, se faufilant entre les jambes du grand, et jurant qu’on ne l’y prendrait plus, lui, et que les banlieues, c’est comme les chiottes et la cour, ça se balaie et ça se nettoie. Les socialistes se sont levés de leurs sièges, fous de rage, hurlant au scandale. Le petit est revenu, se faufilant à nouveau entre les jambes du grand, et moquant les bonnes consciences de gauche qui ne comprennent rien au peuple et à sa souffrance (Tout ça est du Sic approximatif. Sur le nettoyage des banlieues et les bonnes consciences de gauche, là, c’est du Sic en béton ; C’est ce que Nicolas Sarkozy a déclaré à l’Assemble Nationale la semaine dernière). Bref, Acte 0, scène I, on connaît le décor de la prochaine présidentielle : Y’en a marre ! L’élection de 2002 n’aura été sans doute qu’une petite répétition de 2007, avec en vedette américaine (vous vous souvenez ?) ce pauvre vieux agressé par de sales jeunes dont les chaînes d’Etat passaient en boucle l’interview. Car, la présidentielle de 2007 (qui a déjà commencé), ça va être le grand show sécuritaire, l’escalade policière, la surenchère des anti-mou. Faut que ça cogne, faut que ça gicle, faut que ça éclabousse et que ça se voit. Deux ans à supporter ça : Une mère de famille qui tombe dans l’escalier, et paf, ordonnance, réquisition des ascenseurs ; une femme violée dans une cabine téléphonique, et schlaff, ordonnance, dissolution de France-Telecom ; un accident de la route, et vlan, ordonnance, privatisation de la DDE ; une bagnole qui brûle à Strasbourg, et tac, ordonnance, augmentation de la TVA sur les bretzels et les carburants ; des jeunes qui rockent en cave, et schlouff, ordonnance, nomination de Lara Fabian à l’Intérieur. Deux ans à se coltiner ces mecs là, à supporter ça. Ca + ça, c'est-à-dire Sarkozy en mère Deny qui lave plus blanc que blanc + sa cohorte de flics, de juges et de procureurs qui vont aller réciter leur bréviaire dans les provinces, embrayant comme des fayots les commandements du petit, et s’en allant piailler dans les prétoires pire que mes poules quand elles ont la diarrhée. Bien sûr la gauche s’est levée sur son siège et, folle de rage, a hurlé au scandale. Mais plus on approchera de l’entracte et plus ils seront nombreux à s’être rassis (qui s’écrit avec deux S). Certains diront même qu’il faut renchérir, cogner plus dur. Mais avec un tout autre type de matraque (on est de gauche, oui ou non !), de la feutrée rouge avec un manche en caoutchouc véritable récolté par des petits noirs payés au SMIC. Un genre de truc télescopique à distance qui se rétracte du temps que le mec aille quérir son avocat (et qui lui en coûtera, rien que pour lui avoir dit à l’interphone « Bonjour maître, euh, j’ai les flics au........ », un bon trois mois de salaires). Faut être sérieux, quoi ! Réaliste, efficace et lucide (comme disait Franfois au lanfement de la campagne pour le Moui fofialifte à la Conftitufion). Sarkozy, c’est dans la poche. Faut lui dire, lui redire, lui bourrer le crâne de sondages soviétiques, lui enfiler des suppositoires triomphants dans les oreilles, BVA matin, midi et soir. C’est le meilleur, qu’on se le dise ! Et qu’il arrête de nous faire chier pendant deux ans. Nicolas, c’est pas la peine de t’agiter comme ça, t’es le meilleur. On vote tous pour toi.

                                                                                                                   H.v.

Par vianney huguenot / julien cuny
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Jeudi 5 mai 2005 4 05 /05 /Mai /2005 00:00

Inventée par l’inévitable Jack Lang du temps de sa splendeur capillaire, la fête de la musique fête, si ma mémoire a de la mémoire, son quart de siècle. Un tel succès doit bien trouver quelque part son explication. J’en ai une toute petite que je vous lance. Imaginez que vous êtes éditeur de musique (je ne sais pas si ça s’appelle comme ça, mais on dira que vous êtes un digne descendant du grand Eddie Barclay du temps de sa splendeur sexuelle). Vous avez de la conscience professionnelle, un chouïa de culot, un bon gros pif, et vous vous dites que Céline Dion et David Hallyday, même du temps de leur splendeur littéraire… là, ça va cinq minutes ! Un boulot de dingue, oui, qu’vous vous dites. Pire qu’un député-maire en rase campagne, va falloir se coltiner toutes les caves-maternités où piaillent en catimini les groupes rock naissants, s’écumer tous les radios crochets du canton, écluser les fonds d’étagère des bistrots boîtes à jazz, et se coller les restants d’oreille contre les transistors crapotants des radios libres. Tout ça pour trouver l’oiseau (ou la perle) rare, celui (ou celle) qui chante juste bien, sur des accords innovants et des paroles où dégouline autre chose que du Je-t’aime à toutes les demi strophes. « Je t’aiiiiiiii-me, Je t’ai-ai-ai-me, comme un fou, ou ou, comme un volcan », ça c’est Lara Fabian quand elle découvre un gros Larousse : « Oh, c’est quoi cette grosse boîte, m’sieur l’imprésario ». « C’est un dictionnaire, ma louloutte ». « Oh, un livre de recettes de chansons ! ». (NDLR : Lara Fabian, à ne pas confondre avec Laurent Fabius, le fameux crooner normand qui vient de manquer de justesse le trophée de l’Eurovision). Bref, c’est un boulot de dingue. Serait-ce donc pour ça que Jack l’Inventeur inventa la fête de la musique ? Pour faciliter le travail des éditeurs ! ; Fini les caves, les boîtes à jazz, les transistors, un jour dans l’année, ils sont tous dehors, y’a plus qu’à flairer et piocher. Le problème, car il y en a un (et même deux), c’est que les 364 autres jours de l’année, David et Céline paralysitent les ondes. « Je t’aiiiiiiii-aiiiii-meeeuh, comme un loup, comme un merlan », ça c’est Lara Fabian quand elle est à bout de force et que son chauffeur prend le relais pour dégoter la rime. Et l’aut’ problème, c’est que le 21 juin, c’est relâche chez Barclay & Fils. Pas de bol, tous barrés à la piscine, en Tunisie ou en RTT chez tante Rita. Ils rentrent en général le lendemain, après 15 heures d’autoroute en safrane réfrigérée, jettent les valises sur le palier, un œil sur la cuisson et le cul sur le canapé. Et savez-vous ce qu’ils font ces braves ouvriers du vinyle ? Ils cliquent sur M6, 21h, et sélectionnent en sirotant du Veuve-Clito (cul exceptionnel) les quatre ou cinq tigresses que Pirelli raquerait cher pour faire poser sur son calendrier de garagiste (faut plus s’étonner du prix des pneus !). Et puis ils jouent. Plouf, plouf, ce sera toi etcetera. Ben voilà, c’est pas si compliqué de faire Eddie Barclay comme métier. On les imagine bien les cocos, 30 ou 40 ans en arrière, lunettes collées à l’ORTF, 20h35 (parce qu’à l’époque, Monsieur, on respectait les horaires), et faire Plouf, Plouf, en sirotant de la Gentiane. Pas sûr que Brel et Piaf aient été de la sélection. Ok, côté slibards en dentelle, y’avait plus sexy que le grand Jacques, et Pirelli n’aurait sans doute pas misé un demi-porte-jarretelles sur les gorges de la petite Edith. Mais tout de même, y’avait de la voix, du texte, de la gueule, de l’ambiance, de la sueur, du quelque chose d’inouï, d’indécrottable. Je me lis et je me dis que je couve peut-être bien une chtite nostalgite aigue. Ou une ancien-combattantite carabinée. Ce s’rait trop con, d’ailleurs, vu que j’ai pas la télé (voir Petite Chronique du Lundi dernier), j’écoute la radio. Nostalgie mise à part (qui n’a paraît-il qu’un seul salarié, un CES qui vient rembobiner la K7 à 6 heures tapantes), il y a sur la bande FM du moderne et de l’actuel qui vaut le détour. Sur qu’en y faisant aussi un (de détour) dans les caves à rock, les boîtes à jazz et sur les trottoirs pas loin des grandes scènes de la fête de la musique, on y trouverait du bon. Du bon, du bon, Dubonnet, comme disent les Barclay’s Boys. Soulagés, cette année les garçons, que la fête de la musique tombe un mardi. Parce que, Ducon, le dimanche soir, c’est l’porno sur M6. Ducon !  H.v.

 

Par vianney huguenot / julien cuny
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Mercredi 4 mai 2005 3 04 /05 /Mai /2005 00:00

Il est 13h42. Au journal télévisé de TF1. Un reportage s’achève (au chapitre des nouvelles technologies, une fine analyse scientifique et sociologique des méthodes d’épilation dans le Marais Poitevin des années vingt), tandis que Jean-Pierre L’Pernod-Bien-Tassé-Siouplaît s’émeut aux larmes : « C’est la France que l’on aime ». Il s’éponge le coin de l’œil et reprend son air niais : « Avant nos rendez-vous quotidiens, la météo, la bourse, Bernadette Chirac, le tiercé, le loto, Dominique de Villepin, le quinté et le point-route, un mot sur la politique internationale. A Lusse, magnifique bourgade de 400 âmes, entre les Vosges et l’Alsace française, le maire sans étiquette divers-droite avait eu la magnifique idée de rénover le clocher de l’église qui menaçait de s’effondrer, gnagnagna, sur la stabule du père Bidule. C’est grâce au ministère de l’Intérieur de Cécilia et Nicolae Ceausesky, qui ont octroyé de substantielles subventions pour les échafaudages, que la petite bourgade aux bégonias fleurissants a pu retrouver tout son calme et son charme d’antan. C’est la France comme on l’aime. Truc et Machin, nos correspondants permanents dans la région, se sont rendus sur place pour vous faire vivre ce moment inoubliable de la pose des dernières tuiles par un artisan, gnagnagna, bien de chez gnou ». On s’y croirait, hein ? Mais à Lusse, ce que Jean-Pierre ne vous dit point, c’est qu’on ne capte point la télévision. Ni les relais pour cellulaires. Un malheur ne se pointant jamais seul (comme les mormons), le dernier bistrot va fermer ! Et l’épicerie la plus proche est à une bonne demi-journée à mulet du chef de canton. Bref, on est un peu isolés. Alors on lit beaucoup, on jardine, on boit, on cultive toutes sortes de muscles. Et on apprend, en bien moins de dix leçons, comment on traie un canard et pourquoi la quetsche ne sert pas qu’à faire de la tartelette. Les longues soirées d’été, au coin du barbecue, quand les dernières braises s’éteignent et se taisent… on se dit qu’une télé nous serait utile, quand même. Alors on lit le programme télé, et on pense à ce qu’on loupe, serrés au coin du feu, les longues soirées d’été, quand les dernières braises s’éteignent et se taisent et que le loup se retire à pas de loup vers la forêt lointaine, et noire à l’heure qu’il est, et qu’on entend le coucou, dans la forêt lointaine. On lit donc le programme. Rien que ce week-end, c’est fou ce qu’on a loupé : Samedi, fin d’après-midi et début de soirée : « le maillon faible », « la ferme célébrités » et « Podium », un divertissement présenté par Flavie Flamënkruche. Ca c’est pour TF1. On se dit que le début de la nuit va faire quelque chose pour nous requinquer l’encéphale, un concert, un bon polar, du Polac, du Tchernia, un Amicalement Vôtre, de l’Envoyé Spécial, quoi ! Que neni, allons nous faire foutre ; à 1h du matin, TF1 nous propose… « la ferme célébrités ». Cours de rattrapage pour ceux qu’auraient pas tout pigé l’humour au 11ème degré 5 du troupeau. Côté service public, c’est beaucoup mieux ! « Le grand zapping de l’humour », le tirage du loto puis une finale de rugby. Rugby aussi sur la quatrième, c’est la même finale mais y’a beaucoup plus de suspense because le floutage, because l’abonnement pas payé. Et paf. La troisième fait quand même hyper mieux côté intellect avec « Tout le sport », le « tac oh tac » puis « Lucie et le petit prince », un téléfilm, dramatique français s’il vous plaît, dont on imagine à peu près l’intrigue : Mémère s’est fait la malle parce que Pépère la cognait avec le tisonnier, elle est partie se réfugier chez Sophie, une copine d’enfance qui couchait à l’occaz avec l’agité du tisonnier. Mais, ils vont rapidos se rabibocher les Thénardier. Et grâce à qui ? Ben, ça dépend des humeurs marketing du moment. Peut-être un instit, un flic, un juge, un ex-toxico, curé de surcroît, une assistante sociale, ou même un brocanteur. Grand vide sidéral sur le petit écran. Débilités assaisonnées  d’autres débilités, publicitaires, elles-mêmes entrecoupées de ce qu’ils appellent dans leur jargon « l’auto-promo », c'est-à-dire l’annonce du programme des débilités du lendemain. C’est fou ce Paf  comme il est fort, il réussit même à nous faire regretter Collaro, Mourousi, Jacques Martin, et Sarkozy et Hutch. Et même Danielle Gilbert qui pourrait sans rougir venir aujourd’hui couiner à « Apostrophes ».    

 

H.v.

 

Par vianney huguenot / julien cuny
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Mardi 3 mai 2005 2 03 /05 /Mai /2005 00:00

Le PS, paraît-il, lavait samedi son linge sale. Nee Nee, ils sont tous très propres et la fête de famille n’avait rien d’une grande lessive. Il s’agissait surtout pour ses chefs, Franfois et Lololex en tête, d’aller fouiner chez Emmaüs. Histoire de dégoter la redingote qui devrait leur seoir à ravir pour les campagnes à venir. D’abord Franfois, qui ne savait trop comment virer l’autre sans apparaître pour le petit sectaire d’astreinte. Premier secrétaire, d’autres l’ont été avant lui. Dont un autre Franfois. « Eureka, j’ai trouvé, s’écria-t-il en bousculant la charrette de l’abbé Pierre, j’vais me déguiser en Mitterrand, mais f’est bien fûr ! » Franfois a donc passé sa matinée à chiner, bras-dessus bras-dessous avec Ségolène descendue du Poitou. « Un chapeau en velours, d’abord. Un écharpe rouge, aussi. Un pardessus noir ferait très bien l’affaire. Un ch’tit ourlet, et hop c’est dans la poche ». Courroucé, Lololex l’était. « Quoi quoi, le nabot de Tulle me pique mon idée. Qu’à cela ne tienne, je vais faire du grand Charles. D’ailleurs, moi aussi j’ai dit Non », s’écria-t-il en trébuchant sur l’abbé Pierre qui réparait sa charrette. « D’abord un képi. Barto me trouvera bien cinq ou six étoiles qu’on collera sur la visière. Un sabre, ça peut servir. Et puis une gabardine. Un ch’tit ourlet, et hop c’est dans la poche ». Jack était déjà reparti, tout de rose vêtu, pour la gay-pride de Nancy. En fin de matinée arriva Dominique. Courroucé aussi, Dominique il était. Une pancarte annonçait à l’entrée du hall : « Tenues de Gaulle et Mitterrand : stocks écoulés. Bleus de travail en soldes au fond à gauche ». « Tiens tiens, ils ont même prévus des caddies » s’écria-t-il en piquant la charrette de l’Abbé Pierre. Illico, Dominique couru au fond à gauche et rafla l’intégralité des salopettes ouvrières. « Anne, ma chère Anne, ça fait-y pas pipole tout ça, hein ? Mosco m’usera bien un peu les genouillères pour que ça fasse vrai. Et puis faut que ça aille aux fraises, un ch’tit ourlet, et hop c’est dans la poche ». Martine n’avait pas non plus loupé l’événement. Bras-dessus bras-dessous avec son père, elle cherchait désespérément les blazers reprisés du gros Quinquin. « Ah celui là, p’pa, tu me l’achètes, je m’ferai cinq ou six tailleurs avec, ça m’fera au moins dix ans », s’écria-t-elle en tâtant la soutane de l’Abbé. « On pourra même refaire les rideaux de la salle à manger avec les chutes » s’exclama fou de joie papa. « Non de Non, voilà Fafa » s’exclama-t-il encore, « filons dans les rayons slibards, on y verra pt’être Bertrand ». Pile poil, Bertrand fouillait comme une bête. « Tiens Jacques, vous ici ? T'as vu les strings, 3 euros les cinq, Jack a fait une razzia tôt ce matin car y paraît que Mendés en mettait à l’occaz ! » s’écria-t-il en se mouchant dans la barbe de l’Abbé Pierre. « Déconne pas, Mendès était courant Kangourou, comme Jaurès et Blum, des authentiques, des purs quoi ! » lui postillonna-t-il dans les carreaux. Lionel fit, lui, une entrée magistrale. Il s’empara de la clé à mollette de l’Abbé Pierre, régla le son, s’éclaircissat la voix. Et dit : « humm, humm, vous m’entendez au fond de la salle ? ». Puis d’un ton plus grave encore (un peu comme Lololex à la cantine quand les carottes sont mal râpées) : « J’ai tiré toutes les conséquences des mauvaises ventes du mois dernier en me retirant définitivement du commerce » s’écria-t-il, debout sur l’Abbé Pierre qui négociait le prix d’un vieux caddie oublié dans les allées. « Quelle classe ! » s’écrièrent-ils tous en chœur, « on lui offrira un maillot de bain à son pot de départ…paraît qu’il y a la mer à l’île de Raie ». Un ch’tit ourlet, et hop, va nous faire des ravages sur la plage le Yoyo.

H.v.

Par vianney huguenot / julien cuny
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