Samedi 27 juin 2009 6 27 /06 /2009 04:26

 

Jojo, c'est mon chat. Deux mois. Noir. Gueule de gagneur. Gégé, c'est mon secrétaire général de l'Elysée. Claude Géant. Z'ont juste glissé un U entre le G et le Hé pour distinguer le torchon de la serviette. Ca fait Guéant, donc. Donc, mercredi, sur les coups de 20h15, je suis affalé sur mon sofa. D'un côté, mon soda, un machin tiré sur les côteaux d'Aix. De l'autre, Jojo. Qui fait les présentations : à ma main pleine de doigts sa machoire pleine de dents. 20h20, Jojo me lâche le doigt droit. Il sursaute. Remaniement ministériel à la télé. Jojo ouvre un oeil, puis deux. Fixe l'écran. Gégé prend le micro. Ca commence mal : Hortefeuer à l'intérieur. Jojo se recroqueville (normal, il est noir), puis écarquille le troisième zieu (qu'il venait d'inventer sur le champ, pas con Jojo). Il pose la patte droite sur la gauche (on aurait dit Mitterrand à la 17ème question d'Elkabach sur Bousquet). Chatel à l'Education, qu'annonce Gégé. Rien à foutre, Jojo, il a déjà son bac, juste à côté de l'écuelle de lait pour les chiasses imprévenantes. Gégé, à nouveau, au micro : Escrosi à l'industrie. Rien à foutre, Jojo, il sèche le turbin, un Rémiste précoce mon Jojo, il sirotte le wiskas-glisse à l'oeil, sans rien faire de ses dix griffes.

Puis les deux pattes avant se sont mélangées, annonçant la position du Yoguiste (on aurait dit Sarko aux obsèques de Bongo). Puis Jojo a posé la tête sur le plaid, désapointé. Gégé a bien tenté de le ranimer : Rama aux droits de l'homme musclé, Dati qui prend la porte, Laporte garde d'Esso, rien n'y a fait, il partait Jojo. Dans ses cauchemars. Ses ronronnements commençaient à m'endormir (on aurait dit Giscard et Danielle Gilbert en rut). Et puis Jojo a tenté le dernier sursaut, le truc de ouf, debout, affrontant l'adversaire, l'adversité, l'adverbe, l'adjectif et tout ce qui perlait à l'écran, magnifique, héroïque Jojo, les crocs en l'air (on aurait dit Tintibéri chez les Picassiètes). Gégé a tout gaché, crétin. MAM maintenue, qu'il a finalement craché dans le micro. A la justice. On aurait dit Pétain à la BBC. Jojo a pissé sur le plaid, l'enfoiré.

HV

Par vianney huguenot / julien cuny
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Lundi 16 mars 2009 1 16 /03 /2009 19:01

Mourir sert donc à ça. Faire le cake, la nique aux détracteurs, un bras d'honneur à ceux qui vous détestent et, en ce jour de bière arrivé, se résignent à la fermer. La tendance étant au recueillement et à la surenchère, ces gens là finissent même par croire (et même le dire et l’écrire) que le défunt en question est peut-être bien l’être qui dépeuple subitement leur chouette petite vie de misère.

Je me suis couché samedi tard et très noir. Bashung mort. Mais j'ai attendu le lendemain, la lecture du JDD, pour pleurer. Car ce n'était pas Bashung qui avait mis les voiles, c'était « l'artiste le plus créatif de la chanson française » qui était mort, « entouré des siens ». Parti, « le dernier des géants » (dixit Les Inrocks). Souchon et Lavilliers se font du mouron. Pas de panique les gars, les superlatifs, ça se recycle.

La nécrologie est un art, dont ne bénéficient pas que les stars. Le lambda qui fait ses valises a droit aussi à la compassion respectueuse du chef de gare. Même le grognard de base se voit offrir, par une plume localière, un lifting de réputation chaud sur le gaz. En général, le macchabé était «très apprécié de ses voisins».

Bashung était l'un des derniers géants, il n’y a pas de doute. Et il avait pour voisin Nicolas Sarkozy. Pas un voisin germain, mais un quand même assez voisin pour qu’il en cause en connaissance de cause. Alain Bashung sur Nicolas Sarkozy (propos rapportés par le JDD) : « Le Pen en 2007 ? Il peut changer de costume et de coupe de cheveux, je n'oublie pas les histoires de « détails ». Je suis atterré de voir son discours à ce point aussi banalisé... Sans oublier Sarkozy qui proclame « La France, on l'aime ou on la quitte ». Voilà un discours très arrogant et agressif. On peut aimer son pays et en critiquer certains aspects. C'est mon droit et mon devoir de citoyen ». Nicolas a attendu hier soir pour expédier un petit mot de remerciements : « C'est un prince qui nous a quittés, un immense poète ».

Elle est pas belle la mort...  

HV

Par vianney huguenot / julien cuny
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Mardi 10 février 2009 2 10 /02 /2009 22:47

J'avais bien entamé mon pèlerinage sur terre : initiation en joli déshabillé blanc sur les coups de mes deux-trois mois. C’est la petite communion qui ouvrit le bal des contrariétés : que dal, pas un bifton. J'ai longtemps imaginé que la Grande, la solennelle, était une session de rattrapage pour les pauvres, ceux qui n'avaient pas eu de montre à la Petite, et je dus attendre un dimanche de mes dix ou douze ans pour récolter l’oignon. C’est donc tout émoustillé, croyant que les choses allaient crescendo, que j'acceptai la Confirmation. Seigneur, ce ne sont que quelques papillotes dont on farcit ce jour là mes galoches. Je fus amer (sans la bière, c'est vous dire), mais ma mère, dans une leçon de catéchisme tendrement improvisée entre la foire et le potage, m'expliqua les données du problème. Je convenais de sa bonne foi. Je poursuivais. Jusqu'à douter grave de l’équipe des pieds troués. Elle était coachée par un certain Jésus – ou Yézousse, selon le méridien sur lequel les ouailles ouaillent en chœur « ouille tiz ouaille » – un certain Jésus, je disais donc, qu'un mercato hasardeux avait expédié sous un faux nom à Rome. Quitte à quitter l'Olympique de Bethléem, franchement, moi j'aurais poussé jusqu'à Milan Assez. Passons (j'veux pas cafter, mais mon p'tit judoigt me disait pas plus tard qu'il y a quarante ans que le coach n’est pas souvent sur les terrains. A l'époque, c'était Paul Six, dit Paulo, le frère de Didier, qui se tapait les descentes dans les vestiaires. Tout ça pendant que le boss se dorait la pilule sur la plage, avec Barabas et Barbabidule, les bras en croix pour faire le malin). Je poursuivais jusqu'au mariage. A l'église. Où un pote à Paulo, dépêché par le Saint-Office, tortura, avec un Philips aux piles trépassantes, la chanson censée fleurir notre magistrale descente de marches. C’est là, amaigri par des années de carême brûlé, que mon esprit sain décidait de congédier Paul sur le champ. Jésuite comme on n'en fait plus, je ne ralliais officiellement le clan des mécréants qu'un peu plus tard, découvrant un bonheur très relatif, celui de ne plus croire, même pas (en) ceux qui ne croient pas. J’ai opté pour la religion du doute, la plus simple, la plus sûre, la plus confortable. La plus lâche, peut-être. Comprenez M'sieur le commissaire visionnaire, j'veux pas être gaulé pour faux témoignage, moi, puisque j'vous dis que j'ai rien vu !

Plan social au ciel

J'aurais pu aller croire ailleurs et en bon judas balancer la recette de l'hostie aux pruneaux de l'agent. Bé non, c'était pareil ailleurs. Rien que des boutiques de restrictions. Fesse pas ci, mets ton foulard, ôte ton béret, porte ta croix, prends la porte, va voir ailleurs si j'y suis, viens Poupoule, chauffe Marcel, passe moi le ciel, Amen-toi (Avé Maria si tu veux). Même chez les Bouddhistes (dont l’origine du mot, sachez-le, ne vient pas de «Boudiou, kife un peu la coiffe du curé», mais de Bouddha), fallait faire régime. Avé la gymnastique en rabiot.

De tous ces gens, j'ai finalement gardé de bons souvenirs. La plupart sont maigres mais sympathiques. Souvent sincères et généreux bien qu'un chouïa portés sur les gris-gris. Il y a pire : les verts-de-gris-gris. Que je vous explique. Chaque équipe a sa réserve – c'est comme au foot, je vous le disais –, l'équipe B, celle des vert-de-gris, attendant que la A soit au bistrot pour entrer en piste. Ce sont les fous de vous, cher Dieu, les traditionnalistes, intégristes, fondamentalistes, extrémistes, fach... euh pardon, enfin, oui, c'est un peu ça. Beaucoup plus ambitieux et propres sur eux que ces petits dealers de haine de hooligans cornaqués par les gros bonnets de nuit du chaos mondial. Ils sont si propres, les chéris, si maiiiiiigres, ces bons bergers, qu'ils se faufilent partout. Par le trou de l’aiguille, habillés en chameaux, ils sont entrés à la télé et nous jouent en boucle la baston de bergers. Ce cher Benoît Seize (qui ne Suze que si l'on Sancerre) en a vu rentrer quelques-uns par la serrure de sa garde-robe, mais il n'a pas moufté le brave homme. Allons bon, on n'est pas des pidouzes ! Hep m'sieur le chef-curé, on laisse même passer les bizarres du fond qui tendent le bras tout droit en l'air pour attraper le calice ? Et la miséricorde, bordel !, que répondit le Saint homme sur son Saint siège en renversant sur sa Sainte ure son Saint bol de Banania. Y’a bon, laissez ouenir à moi les bweubis égaouées.

Le Saint homme, à sa décharge, a bien du mal. Le marché de la connerie meurtrière est des plus concurrentiels aujourd'hui – pire que la téléphonie mobile – où musulmans intégristes et juifs extrémistes ne sont pas en reste, toujours prêts à nous foutre le bordel et la guerre au nom de Dieu qui aimerait bien qu’on lui foute la paix. Cela dit, si Monsieur Dieu voulait bien se retourner utilement dans son tombeau, il pourrait nous sortir un petit plan social de derrière les fagots et entamer l'opération délestage par quelques-uns de ses porte-bonne-parole.  

Au fait, avez-vous remarqué qu’on parle aisément des « bouffe curés », en se gardant bien d’invoquer la concurrence ? Ni « bouffe-rabbins » ni « bouffe-imams » ! Pas un néologiste ne s’est encore frotté à ce morceau de littérature. Les plus réticents sont sans doute chez nos amis les juifs dont quelques-uns perpétuent la confusion entre le commentaire sur la politique d'Israël – qui en mérite beaucoup en ce moment et pas des plus aimables – et le flagrant délit de révisionnisme. Donc, si Madame Tzipi Livni m'autorise et veut bien croire que je trouve Dieudonné pas rigolo du tout et Faurisson un vieux malade mental, je voudrais lui dire que peut-être, je dis bien peut-être car tout le monde peut se tromper dans la vie, elle devrait enfiler des tailleurs sombres lorsqu'elle s'excuse d'avoir loupé la cible.

Comme je suis un garçon optimiste, j’ai voulu conclure sur une note joyeuse ; sur les religieux et croyants qui, majoritairement, sont d'exquis et bienveillants bergers et brebis, sur la racine latine de « religion », « religare », qui signifie paraît-il « rassembler ». J’ai eu confirmation de l'exacte étymologie, par un neureux zazard, en tripotant gogole.com, sur intransigeants.wordpress.com. C’est le site internet d’un troupeau de dingues qui applaudit des cinq mains (parce qu’à ce stade du nunuschisme, il y a du handicap lourd, de la tuyauterie à l'abandon) la réintégration de la bande à Marcel. Marcel, plus connu sous le nom de Monseigneur Lefebvre, feu contremaître en chef de la congrégation du Saint-esprit. Officiellement, ces « intransigeants » sont des « étudiants catholiques pour la tradition ». Pour la tradition mais vomissant sur le net (avec un vrai site de professionnels où on voit bien que là où y’a de la gêne, y'a pas de plaisir mais y'a du flouze). On y trouve les dates des manifs à Paris pour « se venger de la politique sioniste et maçonnique qui influence Obama », lequel appel à la manif est commenté (non mais, c’est qu’ils ont aussi des doigts ces petits maniaques). Extrait : « Obama est un fils de pute. D’abord parce qu’il est (presque) Noir. Mais surtout, parce que ce sont d’autres fils de putes, youtres, ceux là, qui ont financé sa campagne. C’est comme ça qu’Israël tient l’Amérique dans ses mains crochues, depuis les Kennedy Brothers » (sic). Glaviot laissé en ligne, sans même un nota benêt désapprobateur. Visiblement le modérateur du forum était parti se polir le chinois (et vu qu'il a cinq mains, il avait convié dans sa piaule l'intransigeant webmaster, l'intransigeant gourou qui glougloussait  par là, le bedonnant bedeau et ce sacré sacristain). Branlette interdite, Messieurs ! Bé oui, c'est un mouvement et c'est pas conseillé dans la conservation. Mon Dieu, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font font font...

HV 

Par vianney huguenot / julien cuny
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Mercredi 4 février 2009 3 04 /02 /2009 13:33

Un pote m'appelle l'autre jour pour me dire qu'on parle de moi sur Libération.fr. Ouahh, la gloire !, que je me dis dans ma petite tronche de frimeur manqué, la gazette de Jean-Paul Rotschild qui s'intéresse à moi. Enfin. Il avait vu ça, le zouave, en cliquant sur gougueule. Les internautes commentaient une tribune de Vincent Peillon, l'attaché commercial de la Ségosphère. Un certain Vianney y gueulait, rhabillant gratos Ségolène pour l'hiver. Texte solide, bien écrit, long mais pas chiant, si bien que la flopée de Libénautes qui s'excitent sur le sort du socialisme poitevin abandonne Vincent à ses idées d'avenir, préférant commenter le texte du Vianney. Et puis un Zozo, plus malin que les autres, sous un pseudo (cha va de choi), promet qu'il connait l'auteur du réquisitoire. Il s'agit, dit-il, de Vianney H. Tout juste s'il n'explique pas qu'il avait l'œil (sans le doigt dedans, ce qui est un tort et le tort tue mon cher Rlututute) rivé sur mon épaule quand je me suis défoulé sur la pauvresse. Déjà que des pères de Vianney, ça court pas les services d'état civil, mais si, en plus, il a un H au Q, alors là, M'sieur le Commissaire, y'a plus de doute, on le coffre. Je frémis. Et puis un autre Zozo, une Zozotte en l'occurrence, lectrice du Doigt dans l'œil si j'ai bien compris (je la salue), resserre l'étau avec son petit clavier et raconte que c'est Vianney Huguenot.

Bon, voilà, c'est tout, pas de quoi fouetter une crème. J'aime assez ce texte de l’autre Vianney et je le partage globalement, mais revendiquant mes élucubrations scribouillardes, même les plus mauvaises, et ne souhaitant pas priver ce condisciple du curé d'Ars de la gloire qui lui revient, je me suis mis en quête d'une souris. Je l'ai brutalisée, M'sieur le Commissaire. Elle a fini par cliquer. Sur la case « répondre ». Mais le sort s'acharnait sur moi, M'sieur, le site de Libé ne marchait pas ce soir là (comme souvent). Chers Madame et Monsieur Zozo, ce n'est pas moi qui suis l'auteur de cette pamphletade d'excellente facture. Pour vous comme pour moi, je le regrette.

HV    

Par vianney huguenot / julien cuny
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Dimanche 23 novembre 2008 7 23 /11 /2008 12:30

Ce monde est vieux, sale, machiste. Pour le diriger, ils se désignent entre eux ; toujours la même coterie, la même famille, les mêmes prébendes pour les mêmes bandes. De pères spirituels en fils indignes, ils se refilent le témoin depuis des siècles. Ce qui avait le don, souvenez-vous, d'agacer ces dames qui nous promettaient qu'on allait voir ce qu'on allait voir. Nous-mêmes, pauvres males déboussolés par tant d'échecs masculins, en avions pris notre parti. Il fallait d'urgence féminiser la politique. Y injecter leur supplément d'âme, leur septième sens, leur vision adouçie des rapports de force. Jusque là, seules quelques broutilles avaient apaisé la rancoeur des demoiselles : Tonton avait ouvert le bal en nommant une femme à Matignon, symbole d'autant plus clinquant que les mecs aux alentours et sous ses ordres n'avaient rien négligé dans le torpillage de la jolie ; et puis il y eut la loi sur la parité, dont on connaît le résultat. La vraie révolution n'est arrivée qu'en novembre 2008, où deux femmes finissaient finalistes dans la course au poste de patron – patronne, pardon ! – du plus grand parti d'opposition. Outre qu'elle range désormais Benoît Hamon au rang de porte-parole de minorité malmenée, cette finale de femmes offre une bouffée d'air extraordinaire à la politique française. Si, si. Martine et Ségolène l'ont d'ailleurs prouvé, dès le résultat du vote des militants tombé. La première, sentant que le compteur cramait, s'est autoproclamée première secrétaire élue. Une bonne vieille méthode qui consiste à tirer le premier pour ne pas raccrocher le train par les wagons de l'arrière. La seconde a expédié ses lieutenants - rien que des hommes - baver sur les micros. Ils ont éructé dans tous les sens. Puis la diva est apparue elle-même, dénonçant les tricheries et jurant : « je ne me laisserai pas voler la victoire ». Une bonne vieille méthode qui consiste à distiller le doute pour déstabiliser l'adversaire et exciter la curiosité des médias (qui, comme chacun sait, adorent apaiser les vieilles querelles politiciennes). Le mal se conjugue bien au féminin. Au jeunisme aussi. Car ce sont les quadras-quinquas, Peillon-Valls d'un côté, Bartolone-Hammadi de l'autre, cette belle génération de jeunes pousses que le monde entier nous envie et que la France attend de pied ferme les bras ouverts, qui ont décoché les boules puantes.

Elles nous promettaient la lune, on n'a eu droit qu'à la paire de jumelles...

HV

Par vianney huguenot / julien cuny
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Dimanche 19 octobre 2008 7 19 /10 /2008 21:32
Je n'ai aucune envie de vous écrire. Parce que que je n'ai aucune envie d'avoir des idées ce soir. Mais je me suis promis en prenant la route, tout à l'heure, de vous donner de mes nouvelles dès que j'aurais mis le pied ici. Ici, c'est à dire chez moi, après que j'ai été caliner l'âne et bécoter les biquettes. L'idée est encore plus idiote puisque je n'ai pas le temps. Une une soupe de légumes qui s'échauffe sur le gaz.
Je me suis donc imposé quinze minutes, pas plus, pour écrire ce torchon, sans possibilité de rien corriger, ni les fautes de goût, ni celles d'orthographe, ni de style, ni même les impardonnables qui me vaudront le quelques railleries du genre, du genre... passons !
Figurez vous que le genre en question est difficile. Passons.

Impossible d'entamer ma bafouille de ce lundi - après en avoir loupé plusieurs et notamment celle que je vous avais promise sur plouf-plouf chez christian clavier, que, tiens !, je n'ai pas affublé des majuscules qui d'ordinaire séyent (du verbe seoir, pas le temps d'appeler mon pote Bescherel) aux patronymes des gens bien - impossible je disais donc de ne pas parler ce soir de Déesse-Cas. Impossible aussi de trouver sur le net, mais je n'ai pas l'Adsl, ceci expliquant peut-être cela, la photo de sa paraît-il plantureuse Hongroise. On emmerde les américains, sans majuscule, et leur puritanisme qui, me disait un voisin juste avant que j'aille faire des poutoupoutoux à Arthur, l'âne, vient sans doute de la même racine latine que le purin. Je ne vois pas ce que le latin vizent foutre là-dedans mais ce type a sans doute raison. Le sacré bon sens près de chez nous.  

Vous pensiez sans doute que j'allais m'épancher ce soir sur le sort de ségolène palin, de la toussaint qui chrysanthème à grands pots, de la crise financière. Loupé. Je vous parle de Brel. Trente ans qu'il est mort. Pas une ride, rien. Ce type est phénoménal, fondamental, exceptionnal. On le dirait encore ici. Il y serait qu'on se sentirait pourtant mieux. Je me dis souvent que je suis un déjà vieux gros sale con de regretter l'absence de ceux-là, Brassens, Coluche, etcetera, parce qu'il faut vivre avec son temps, qu'on me dit tout le temps, et que chaque époque a son lot de gens bien, émouvants, phénoménants, exceptionnants, fondamentants. Je les cherche. J'attends. Que Bénébar cesse de nous glouglousser ses fiches-cuisine et que, que... je ne trouve plus son nom, c'est un humoriste qui a accompagné sarko au Vaticon, et bien que celui-là qui si élégamment nous parle de cul tout le temps postillonne aussi dans le micro pour faire trembler autre chose que les... (normalement, là, je réflechis et je reviens pour trouver un truc bien, qui cogne, mais là ça ne vient pas). Bref, on est paumés, pas un Balavoine en vue, pas une grande gueule qui fasse trembler le landerneau (voilà, le landerneau, c'est un bon début). Bref, on s'emmerde, on croupit à vue de ride, on ride à vue d'oeil, on vieuvieute comme des anciens jeunes. Brel, je ne sais pas vous en parler, il faut que vous l'écoutiez. Il est... comment dirais-je, indispensable. Je me dis, tout compte fait, que ce titre de chronique est parfaitement idiot. Bien sûr qu'il faut revenir en arrière. Puisqu'à l'avant du bateau il n'y a plus de capitaine, plus de sirènes, plus de dauphins, plus de vagues, plus de voile et même plus de whisky, il y a juste une large vue sur un horizon trop propre, un truc guind-aseptisé qui fait plaisir aux américains qui ne sont pas près d'aller repêcher des majuscules. Voyez, si j'avais pu revenir en arrière, j'aurais titré ceci : A la pêche aux majuscules !

HV


«Nous savons tous les deux que le monde sommeille par manque d'imprudence», Jacques Brel («Jojo»)


Par vianney huguenot / julien cuny
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Lundi 8 septembre 2008 1 08 /09 /2008 11:32
La 112/ Les aventures de Plouf-plouf (1)

Plouf plouf, ce se ra toi qui se ra pre mi é se cré tai ai ai ai aireu du pé é é es...

Ca, c'était le bon temps de la démocratie aventurière, avant que les morbaks blousés de la démocratie représentative n'inventent la démocratie participative pour continuer à nous coloniser les burnes. Et puis, comme la vie est dure et que la démocratie incessante avait créé sa propre clique de frustrés, on inventa la démocratie passagère, armée de ses sondages à tout-va et de ses conseils avisés des grands éditorialistes que mon dentier nous envie. Démocratie sondagière qui fait la gloire de toutes sortes de snobinards et héros de la mode. On ne jette plus du pain aux sans-culottes pour qu'ils daignent ne pas cramer Versailles, on donne à brouter à ces culottés de citoyens quelques images de piété, histoire qu'ils se dépêchent d'oublier de penser. 

Ah tiens, ce serait pas con, Gaston, qu'on intronise une femme au PS. Mon cher monsieur, vous ne pensez pas si bien dire, j'ai en rayon la nouvelle Ségolie. Barbie ? Mais c'est fini. Ségolie, vous lui enfilez une grosse pile Wonder et elle vous tient tout un congrès. Et puis elle parle. Enfin, elle dit des choses intéressantes, pas comme Barbie. Position 1, la rebelle-puritaine : «Fanfan, fais les valises et dégage avec ta collection de Nioulouque». Position 2, la femme d'intérieur libérée : «Je pense donc j'essuie les verres au fond du café», tiré d'une chanson d'Edith-Piaffe-quand-Marcel-serre-les-dents. Position 3, la bigote chantante : «Je mets mon espoir dans le sondage, j'suis sûre d'sa mi sé ri co ordeuuuuu», sur l'air de «Je me mets mon espoir dans le seigneur, je suis sûr de sa pa ro oleuuuuuu». Position 4, l'illuminée-magicienne : «Aimez-vous les uns les autres ou bien disparaissez», qui n'est d'ailleurs qu'une adaptation du standard de Jésus-crisse-des-pneus-quand-il-voit-Judas-sur-les-clous, pompé lui-même d'un show de la Soubiroutte, la slam-rockeuse pyrénéennes qu'on ne retrouva jamais, malgré d'héroïques recherches menées par la brimade de gendarmerie de Lourdes et quelques millions de généreux arrivés les bras chargés de béquilles.

Ah tiens, ce serait marrant, Armand, qu'on désigne un bobo. Ma chère Madame, vous visez dans le mille, je reçois à l'instant un arrivage des nouveaux Beber, ça remplace Ken. Vous le branchez sur le secteur, et il vous dégaze une odeur de cigarillos qu'on se croirait dans les chiottes du commissariat central de La Havane. Profitez-en, car à l'occasion de son lancement commercial, nous offrons les tenues : bleu de chauffe pour les négociations avec le courant «besoin de gauche», polo rose et mini Rolex pour le voyage dans le Poitou, costard à rayures et pompes blanches pour le conseil de quartier du Marais, string vert pour Paris-Plage, velours marron pour le marché bio du dimanche – qui sert aussi pour les cérémonies du souvenir rue de Solférino et les dîners aux chandelles avec Arnaud de Montebourg – pinces et casquette jaune pour l'inauguration des pistes cyclables et boules quiès pour la reception du DAL.

Ah ben tiens, René, et si on essayait un chauve, y z'en parlent sans arrêt à la radio. Oh ben oui, ça c'est bon, c'est fun, et pis ça fera concurrence au maire de Bordeaux-Supérieur. Vous tombez au poil mon p'tit père, car je n'arrive pas à écouler mon stock de Moscorak, un extra-terrestre lâchement abandonné par la famille Goldorak partie en ouacances à Ouachinkton. C'est la SPA, société protectrice des anciens ministres, qui l'a retrouvé attaché à un lavabo, sur un parquinge de la nationale 7. Il est top ce robot, vous le posez sur une terrasse de café et il met tout seul ses lunettes de soleil. Pour peu que vous ayez pris les options, il dit aussi «Viskiplise» ou «Martiniplise», voire même, si vous avez pris la version française, «Uncôtesiouplait». Ca va, ça va, que dit le René, vous avez déjà essayé de me fourguer Spiderman y'a vingt ans et j'ai dû embaucher dix aspirateurs précaires pour nettoyer les coins. Et pis vous me l'avez remplacé par Fabiusman, dont la télécommande déconnait à mort, on l'envoyait à gauche, il partait à droite, on l'expédiait à droite, il courrait à gauche, mon gamin en fait encore des cauchemars.

Ouh la la la la, j'ai une idée, là, qui me vient, Tintin. On pourrait remastériser Quinquin. Un nordiste de gauche qu'aime bien la bière, les socialistes ne résisteront pas. Martine au brie ? T'es sûr que ça se conserve. Et pis c'est pas très mode, ça. Non, mais c'est une ch'ti. Comme Dany Boon ? Ben oui. Oui, mais y'a Moscorak qui risque de piquer une colère sans se faire prendre et de s'allier avec Beber et Barbie et ça va doper leurs ventes. De quoi réveiller Fanfan la turlutte, dont les bons de commande sont au plus bas d'après ce que dit Goldorak venu errer à nouveau dans les latrines de la nationale 7.

Ah ben alors, Hector, on naka faire comme en face, prendre un petit. Un frustré, un qu'en a tellement marre de cirer ses pompes avec sa bite, et sa bite avec son nez, que sa vie est devenue une revanche. Ok, Hector, mais Michel Jobert est mort. Rocard aussi, à ce qu'on dit. Quant à Fanfan la turlutte, il est sur le départ, il a déjà acheté ses tongs et signé le bon d'achat pour 20 tonnes de sable. Viiiiingt tonnes ? Oui, il part répéter La traversée du désert dans les sous-sols de la mairie de Tulle.

Ah c'que c'est dur d'être moderne, que se disaient finalement Hector, Tintin, René, Armand et Gaston. C'est le lot de tous les grands précurseurs, que se rassurait l'un d'eux. Un autre se paya le culot d'une ultime proposition pour le poste de premier secrétaire. Et bé, on naka prendre un socialiste. Non mais t'es dingue, c'est complétement ring ton truc, tu veux qu'on se prenne des boulons, que dit Gaston, dans la gueule. Au prix qu'c'est ! Sans compter, que dit René, que ça court plus les rues chez nous, les socialistes. Ou alors, ajouta Hector, faukon débauche Bayrou, il est de gauche, lui, non. Et pis il a des grandes oreilles, comme Dany Boon, on va faire un carton. 

HV                    

Nb : Après « Plouf-Plouf dans les urnes du PS », ne manquez pas la semaine prochaine la suite des aventures, « Plouf-Plouf dans les bégonias de Christian Clavier » : Plouf plouf, ce se ra toi qui se ra ra dié é é é de la po o o o li ceuuuu.      

Par vianney huguenot / julien cuny
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Mardi 26 août 2008 2 26 /08 /2008 11:45
La 111/ En mon âne et conscience

Outre un canard caractériel, deux chèvres ma foi pas mal gaulées, un chien pas à sa mémére, deux chats en chaussons et des dizaines d'araignées éreintées de mastiquer le moustique, la maison abrite Arthur. Un âne qui m'a définitivement persuadé de la bêtise des hommes et de leurs certitudes et autres traditions ancrées comme la crasse crépissant le crépuscule (ça c'est juste pour la sonorité de la phrase. Sachez que je n'ai rien contre les crépuscules). J'étais donc assuré que le baudet était de toutes les bestioles la plus crétine. Et que l'ânerie n'était pas le lit où la monture se ménageait, mais une connerie, une grosse sucette de Cambrai. On me l'avait appris à l'école et j'avais bêêêêêêtement retenu la leçon à force d'épousseter le piquet. J'y allais chapeauté d'un bonnet d'âne. Curieux, non ? La réputation de l'âne est la plus grande injustice des deux derniers millénaires, avec la naissance de Jésus dans une misérable chambre d'un discounter de Bethléem et la sélection de Nadine Morano aux JO du discernement et de la présence d'esprit. D'ailleurs, aussi bizarre que cela puisse paraître aux crasseux de tout à l'heure, j'ai déjà croisé dans mon périple zoophile (qui ne signifie pas systématiquement, contrairement à la rumeur du crépuscule, qu'il y ait eu rapport sexuel) des pinsons déprimés, d'ardentes couleuvres et des vaches petites, de surcroit cornées et toujours pas cocufiées.      

Je saute de l'âne au coq, car j'ai quitté mon bourrin quelques jours pour me rendre à Paname, comme disent les vieux soldats de la vieille, rue du faubourg Saint-Honoré. Dans un cabinet huppé, non mais, de recrutement, mes dents. J'y allais pour répondre à une proposition d'embauche de directeur, eh bé, de la communication. Bien plus que tous mes faits d'arme de vingt ans en cravate, c'est la veille de cet entretien qui vaut d'être alignée sur mon CV. Le mec classe que je suis avait rameuté tous les potes assoiffés dispersés en banlieue, dont un ex de ma légion à moi, un joli drille dont je ne dirai rien du blaze vu que le sieur bosse dans la boîte de conserve nucléoléolé. Bref, nous nous retrouvons. Les carafons se font concurrence sur le napperon. Pas de la petite bousculade d'épiciers, non. Du prospère, de l'abondant, de la grande surface. Tout était au poil pour que j'arrive à la bourre et bourre et ratatam rue du faubourg Saint-Honoroure. Le très sérieux cabinet m'attendait à 10 heures sonnantes, le lendemain.

A 9 heures, je suis viré criu-militari du lit. Un son déchire la couette et me déloge d'un rêve que la pudeur et la modestie m'interdisent de raconter ici. Ma soeur, à Paris par hasard, crochetant la porte de ma chambre comme dans un Vaudeville à suspension : «t'as pas un rendez-vous ce matin?». Moi : «Si !». Moi, à nouveau : «Merde». Je suis finalement à l'heure, au prix d'une toilette de chat et d'une scandaleuse désertion de l'épique bataille avec l'épis central de ma superbe crinière poivre-sel. Il fait chaud ce jour-là à Paris. Des raisins de rosé bourlinguent encore sur mon front et ce qui perle à l'entour n'annonce rien de salutaire pour qui va pêcher le job. D'emblée, je sens que je suis l'atypique et pique et colégram de service. Là par hasard. Un fruit de la compassion, tombé sans le faire exprès sur l'épaisse moquette aux airs de rouflaquette de la rue Saint-Honorette. J'avais pourtant veillé, dans l'ascenseur, à ce que mon pantalon n'emprisonne pas bêtement ma chemise, ce qui aurait donné à l'esthète une étrange allure de boudin en fin de soldes. Il valait mieux laisser tout ça en liberté ; la chemise sur le pantalon et le petit doigt à côté de la couture. On aurait dit Delon taquinant la cochonne à Saint-Trop-de-Pèze. Au fur et à mesure que les souvenirs de la veille mouillait ma liquette, je me voyais déguerpir de la short-list. Ame-stram-gram, dehors, vous n'êtes pas dans notre genre. Pas dans la norme.  

Je suis reparti en colère, un petit peu. Après moi. Comprenez M'sieur, mais il m'était tout de même difficile d'expliquer au taulier de la rue du faubourg que j'avais abusé la veille d'amis en mal de moi. Tout de même.

Voilà donc, pour vous qui recherchez un emploi ou allez fréquenter les chasseurs de têtes bien faites, les treize conseils de base.

1- Acheter un costard gris

2- Puis une chemise blanche

3- La mettre dans le pantalon

4- Ajouter une cravate

5- Rose, c'est mode.

6- Accorder les chaussettes (ne sous-estimez pas les petits curieux qui matent le détail en dessous de la ceinture)

7- Changer de slip (ne sous-estimez pas les recruteuses qui poussent très loin l'étude psycho-machin)

8- Cirer vos pompes (voir point 7).

9- Celles du recruteur aussi, ça peut servir

10- A la troisième ou quatrième question, assez vite en somme, et peu importe ce que ce recruteur vous demande : le flatter et lui dire «oh mon dieu cette question, on ne me l'a jamais posée, comme c'est original»

10bis- Si le recruteur est une recruteuse, inutile d'ajouter «Ah c'que vous m'troublez».

11- A la question «que feriez-vous si vous surpreniez un de vos collègues partant avec la recette de la journée ?», ne pas s'emballer, lire la notice et les propositions du questionnaire psycho-bidule : petit a/ «je le félicite» petit b/ «je réclame 50%» petit c/ «je le bute et je retiens 100» petit d/ «j'appelle la police»

11bis- Cocher le petit dédé

12- A la question «quel est le plus grand échec dans votre vie professionnelle ?», ne pas raconter la fois où vous avez vomi dans la boîte à gants de la décapotable de votre chef de service et que vous avez laissé les gros bouts dans le cendrier, dire ceci : «Je suis quelqu'un de très entreprenant, méticuleux, attentif, disponible, formidable et consciencieux et je dois avouer que j'ai pu créer quelques jalousies parmi le personnel en arrivant dès 5h30 tous les matins».

13- Attendre la fin de l'entretien avant de rameuter vos potes de banlieue.

HV


Par vianney huguenot / julien cuny
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Vendredi 13 juin 2008 5 13 /06 /2008 10:43
La 110/ Ségolie and Bertryde

Bon, je résume. A droite, rien ne va plus. Sarko, qui se dit qu'une quinquennouille c'est quand même drôlement plus con qu'une septennerie, pense déjà à la fin de son CDD qu'approche à grands pets. La panne. Alors la gauche se dit : Oh ben chouette alors, fonce Mimile, y'a l'feu qu'y passe juste à l'orange. Et paf, au croisement, y'a un mec en vélo qui se pointe, un du genre jmenbranltiste de la meilleure espèce-de-connard-t'as-pas-vu-que-j'avais-la-priorité. Pas de constat, le vélocycliste est parti fumer les mauvaises herbes du caniveau. Le talon arrière en repose-tête et trop occupé à pleurer sa bobobécane, le ballot oublie de relever la plaque d'immatriculation du paltoquet. Puis, d’un cri qu’on dirait le rejeton de Garou et Jean Reno jouer Léon-le-retour, il hèle le SAMU. Lui-même, avec ses petits doigts et son petit Nokia-trois-minutes-gratuites-pour-un-appel-d'urgence-aux-PFG.

Le feu est maintenant rouge, la gauche court toujours.

Ca, c'était la bonne nouvelle.

La mauvaise, c'est que le litre d'essence coûtera bientôt plus cher que celui de picrate. Et ça, c'est quand même pas très démocratique. Boire ou conduire, il faut choisir. Une fois pour toutes.

Je cause en connaissance de cause puisqu’il y a vingt minutes à peine, j’étais chez Esso. J'empochais un boutanche à trois euros quarante, ce qui fait tout de même vingt deux francs vingt sept centimes – il faut toujours convertir pour bien mesurer jusqu'où nos amis Les grands bâtisseurs de l'Europe nous la mettent – et je prenais trente euros de benzine. Pour vingt litres. Un euro cinquante centime – ou dix francs – le litre de gasoil. Quand j'étais gosse, ma déjà vieille prof de français, qu'était une carne, mais pas si conne – vous allez comprendre pourquoi – et bien elle nous disait que «quand l'essence sera à dix francs le litre, les gens continueront à consommer». Et nous, on se marrait, on se tapait sur nos petits ventres de petits freluquets ventrus et on se disait que non contente d'être une carne, elle était folle bien que copieusement rémunérée par l'impôt de nos chers pauvres parents. Les miens, en l'occurrence et en Peugeot, roulaient dangereusement. Elle était si pourave, la 404, que même un touareg sourd, aveugle et inconscient n'en aurait pas voulu. Bref, j'enrichis Esso de trente euros, ne sachant même pas contre qui il fallait que je râle en agitant le pistolet : l'Amérique saoudite, les Etats-Unis d’Arabique, Total, l'Elysée, la CIA, mon banquier, l'ONU, mon patron ? Si ce n'est les huit ensemble, il y en a au moins un qui nous entube. A partir de deux, on peut dire qu'il y a complot. Et vu que les huit là, contrairement à ce que nous raconte Le Monde en long, en large et, plus généralement, en travers, sont de mèche, il y a donc bien complot. CQFD, comme disait mon prof de maths que j'aimais beaucoup, figurez-vous, parce qu'il me racontait des machins tellement incroyables que je trouvais scandaleux qu'il n'ait point hérité du prix Nobel de la résistance aux cancres.

Un complot, je disais donc. C'est typiquement le mot que n'aiment pas les gens de gauche, surtout les modernes, qui vous expliquent, le cul serré et le doigt sur la braguette du bermuda à bretelles, que «tout ça, c'est plus compliqué que ça», que «il faudrait qu'on en reparle», que «faut pas que tu montes comme ça sur tes grands ânes, Dédé» et que «si t'as deudeux minutes, dès que j'ai jeté Benjamin au golf, je t'expliquerai».

Sauf, mon cher ami de gauche, que j'additionne le petit salaire de merde qu'on se fait, nous, la majorité…

Que je retranche les treizième ou quatorzième mois, peut-être même les douzième et onzième, les prix des mutuelles, des assurances, des logements, de l'essence, des taxes, des impôts (merde, c'est pas de gauche de parler de ça !), du pain, du café, de la viande, des nouilles, des godasses, des pneus, du ticket de train, désormais inabordable pour qui n'est pas du haut de la classe moyenne, du téléphone, de la redevance…

Que je multiplie tout ça à l'infini parce que c'est fini le bon temps des pensionnés, des rechigneurs de mutations et de Cdd, de toutes ces feignasses de petits vieux qui ne veulent plus bosser et de ces petits cons époussetant les bancs de la fac alors que tant et tant de petits niakoués, courageux et autodidactes, attendent de l'autre côté de la grille et se foutent bien de savoir, intègres et détachés qu’ils sont, qu'ils ne verront jamais la couleur d'une carte syndicale. Ni sans doute même celle d'une carte d'identité.

J'additionne et je retiens rien.

Sauf peut-être un vent de révolte qui commence à souffler et n'attend que la petite étincelle qu'il faut pour embraser le tout. A quand le grand Boum ? Il paraît qu'en 1968, quelques révoltes sont nées de rien. A Nancy, me dit-on, les mâles en avaient marre de grimper aux murs pour aller réviser leur philo au creux d'un poitrail vallonné. Ils ont fait réviser le règlement intérieur des cités. Et, dans la foulée, quelques articles des statuts de cette bonne vieille France. Si ce n’est qu’un petit rien, nous le trouverons bien en 2008. Au pire, on patientera en se consolant. Et on se consolera en pensant qu’ils vont venir nous sauver, Ségolène et Bertrand, ces vrais héros de la 3ème guerre mondiale qui crament les feux oranges sans se faire gauler par la maréchaussée.

HV          


Par vianney huguenot / julien cuny
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Mardi 11 mars 2008 2 11 /03 /2008 11:44

Ah quelle semaine !

Du 3 au 10 mars 2008

 

Mieux que Carla
Si la deuxième première dame de France, Carla Brunzy, venait elle aussi à mettre les bouts, on suggère à Nico d'aller draguer du côté de Miss France 2008. Elle lui ira au poil. Elle vient d'ailleurs de porter plainte contre Choc pour violation de sa vie privée.

 

Sacré François
De son côté, François Hollande a porté plainte pour violation de sa vie publique. Un canard a récemment publié une interview du premier secrétaire où il demande aux électeurs de gauche de se mobiliser. Allez, encore un petit effort, et il nous annonce dans France-Soir que le PS va réunir une commission pour le projet.

 

Un con testable
Intéressant débat sur France Culture entre Stéphane Hessel, défenseur des "sans papiers" et qui fut ambassadeur de France en Allemagne, et Brice Hortefeux, hôtesse de l'air en dispo et qui fut maire de Clermont-Ferrand dans un de ses rêves. Brice y annonce qu'il a créé une commission – c'est la mode, et puis ça donne à becqueter aux socialistes en mal de siège – pour comparer les politiques migratoires des pays de l'Union européenne. Il y a nommé Pierre Mazeaud à la présidence. «Un Républicain incontestable» prévient Brice. Pourquoi, il a des républicains contestables dans son entourage ?

 

Ouh ouh, y'a quelqu'un ?
François Léotard parie que «ça va mal finir» et bastonne son ancien pote Sarko dans un bouquin. On aimerait aussi avoir l'avis des anciens potes de gauche de Nico. Oui, oui, les Hanin, Faruggia, Sevran, Macias, tous ceux qui nous bavaient la leçon, en mai dernier, sur le formidable candidat qu'on avait là.

 

Beuh non, y'a personne !
Du même coup, si Fadela Amara veut bien se donner la peine de commenter la dernière descente de flics à Villiers-le-bel, alors là, on sera aux anges.

 

Mauvaises langues
On apprend qu'un homme est mort, lundi, dans un Mac'Do de Floride, et que quatre autres sont gravement blessés. La bouffe n'y était pour rien - d'ailleurs ils n'en étaient qu'à l'apéro, un Pepsi-Ketchup on the rocks - c'était juste un dingue qui leur a tiré dessus. Et quand il a vu le prix de la tarte aux chips, il s'est suicidé.

 

On s'en fout
Le planqué de La Poste, Olivier Besancenot, fait savoir que contrairement à ce que colporte Cambadélis, il était bien au meeting unitaire du 2 février.

 

Républicains d'arrêt et de progrès
Quand les socialistes étaient au pouvoir et au plus mal dans les sondages, ils évitaient d'arborer le poing et la rose et concourraient aux élections locales avec l'étiquette soft de « républicains de progrès ». A l'UMP, on n'a pas fait dans la dentelle pour ces municipales et cantonales 2008 et beaucoup se sont même ébroués dans la campagne avec le label « apolitique ». C'était le cas du petit Wauquiez, au Puy-en-Velay... tout content quand même de retrouver lundi matin son poste – et sa voiture, ses soubrettes et ses émoluments – de porte-parole du gouvernement UMP.

 

Une pensée pour lui
Aujourd'hui, 259ème jour de disparition du parti socialiste, toujours retenu en otage par la guerre de succession à Solférino.

 

A la semaine prochaine.

HV

 

Et la photo de la semaine (Hubert, Lusse, Vosges)
hubert.JPG
Par vianney huguenot / julien cuny
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